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Le président du Malawi brigue un nouveau mandat malgré un scandale de corruption

Le président du Malawi Peter Mutharika a accepté mardi l'investiture de son parti pour briguer un deuxième mandat lors des élections de l'an prochain, ignorant les appels à la démission de l'opposition pour cause d'allégations de corruption.  

Le chef de l'Etat est la cible depuis plusieurs jours de vives critiques après la révélation d'une enquête officielle du Bureau anticorruption (ACB) qui le soupçonne d'avoir touché pour 195.000 dollars de pots-de-vin de la part d'une entreprise qui avait remporté un marché public.

Sans adversaire déclaré, M. Mutharika a été choisi par son Parti démocratique progressiste (DPP) pour défendre ses couleurs au scrutin présidentiel prévu en mai 2019.

En clôture du congrès du mouvement réuni à Blantyre, il a accepté mardi de se représenter, sans évoquer le scandale.  

"Je ne fais pas ça pour un quelconque gain personnel", a-t-il lancé face aux militants du DPP. "En fait, je ne perçois que 40% de mon salaire de 2,7 millions de kwachas (environ 3.600 dollars par mois), le reste part au gouvernement".

Peter Mutharika a même mis en garde les dirigeants de son parti qui profitent de leur position pour s'enrichir.

"Je sais que certains d'entre vous vont voir les entreprises en leur disant +je suis bien placé au DPP alors faisons des affaires+. Je vous préviens, il faut arrêter ça", a-t-il dit.

Elu en 2014, M. Mutharika est de plus en plus contesté. Des milliers de personnes ont défilé en avril dans plusieurs villes de son petit pays pauvre d'Afrique australe pour protester contre la corruption, premières manifestations antirégime depuis 2011.

Depuis la publication du rapport de l'ACB la semaine dernière, l'opposition comme la société civile exigent son départ immédiat.

Sa prédécesseure Joyce Banda, qui a annoncé sa candidature à l'investiture de son Parti populaire (PP) pour la présidentielle, a à son tour épinglé mardi M. Mutharika.

"Il doit répondre aux appels à la démission des citoyens du Malawi", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Alors présidente, Mme Banda avait elle-même été mise en cause en 2013 dans une vaste affaire de corruption qui lui avait coûté sa défaite un an plus tard face à l'actuel président.

En exil depuis, elle est rentrée dans son pays fin avril sans être inquiétée par les autorités.

str-pa/jlb

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