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Mali - Pourquoi la junte s'attaque à un recteur d'université

Les arrestations se succèdent et se ressemblent au Mali. Le 1er mai, c’est le recteur de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako, Salif Berthé, qui a été emmené par des hommes en noir.

«Mardi vers les coups de 11 heures, quatre individus habillés en civil débarquent au rectorat à bord d’un véhicule 4X4 non immatriculé», raconte le site d’information Maliweb.

La suite, on commence à y être habitué. Arrestation, détention, beaucoup de questions et pas de réponse. Des arrestations kafkaïennes, comme le fait remarquer le secrétaire général de l'université Massa Makan Diabaté. 

«Les rumeurs vont bon train, continue Maliweb. Des informations font état des récents évènements survenus sur le campus et dans le pays à la suite de l’arrestation de plusieurs personnalités. D’autres, de sources universitaires, évoquent la sécurité [de Salif Berthé], qui aurait nécessité une certaine protection.»

Le cas de Salif Berthé est loin d’être isolé, puisque depuis le coup d’État du 22 mars, de nombreux cas d'arrestations arbitraires ont été dénoncées. Ce sont souvent des personnalités politiques qui sont emmenées et les raisons de ces arrestations sont toujours floues.

Selon des propos rapportés par l’AFP, et cités par Au Fait Maroc, un officiel proche de l’ex-junte a affirmé que «le moment venu, on dira ce qu'on leur reproche.»

Soumaïla Cissé, ancien ministre et ex-dirigeant de l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), ou encore Modibo Sidibé, ex-Premier ministre du président déchu ATT ont notamment été arrêtés.

Au Fait Maroc rappelle finalement que «pour les observateurs à Bamako, les putschistes, qui doivent être amnistiés, n'ont jamais envisagé d'être écartés et entendent montrer par ces arrestations qu'il va falloir compter avec eux au cours de la période de transition qui s'ouvre.»

Lu sur Maliweb et Au Fait Maroc

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