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Des chasseurs au secours du roi d'Espagne après son safari à l'éléphant


Le roi d'Espagne Juan Carlos hospitalisé à Madrid après s'être blessé lors d'une chasse au Botswana, le 18 avril 2012 AFP/Archives Paco Campos

Une association internationale de chasseurs, en congrès cette semaine au Cap en Afrique du Sud, a défendu ce sport au coeur de plusieurs polémiques, notamment après le safari du roi d'Espagne au Botswana.

"Je ne peux pas faire de commentaires sur le roi lui-même, mais au Botswana, la chasse à l'éléphant en général --pas le braconnage, la chasse-- est viable, et vu l'évolution de la population d'éléphants, il faudrait même en tuer davantage", a expliqué Tamas Marghescu, directeur général du Conseil international pour la protection de la faune sauvage (CIC), une association qui promeut la chasse.

L'éléphant tué par Juan Carlos était un vieux mâle, ce qui est "parfaitement viable", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

Le président de cette assocation, Bernard Loze, a fait remarquer que la polémique suscitée en Espagne par la chasse royale avait été surtout "politique".

"Je ne veux pas m'en mêler", a-t-il dit.

En avril, le roi d'Espagne a dû s'excuser pour s'être offert une expédition de chasse à l'éléphant au Botswana, une escapade coûteuse alors que son pays est durement touché par la crise, et qui serait passée inaperçue si Juan Carlos ne s'était blessé en faisant une chute.

Aux Etats-Unis, ce sont des photos des fils Trump posant avec une dépouille de léopard ou la queue d'un éléphant coupée au couteau, durant un safari au Zimbabwe en 2010, qui ont fait scandale.

L'affaire a même poussé des annonceurs publicitaires à rompre avec une émission de télé-réalité à succès animée par leur père, le magnat Donald Trump.

Mais pour Adri Kitshoff, directrice de l'association sud-africain des chasseurs professionnels (Phasa), ces photos étaient "respectueuses".

Dès lors que l'éléphant est donné pour sa viande à la population, le chasseur a traditionnellement le droit de garder la queue, a-t-elle dit.

La chasse est une importante source de revenus en Afrique australe.

Rien qu'en Afrique du Sud, chaque chasseur étranger génère jusqu'à 14 emplois, selon Mme Kitshoff. Face aux 250.000 à 300.000 adeptes locaux, le nombre de chasseurs étrangers est minime, près de 6.300 en 2010 dont moitié d'Américains.

L'image de la chasse est aussi ternie par le problème du braconnage de rhinocéros, car certains safaris sont un moyen de se procurer des cornes revendues au marché noir en Asie, ce qui est strictement interdit.

Pour le WWF, interrogé séparément par l'AFP, l'important est que l'argent rapporté par la chasse aille aux populations locales et aux efforts pour la survie des espèces.