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La force antijihadiste du G5 Sahel, une montée en régime poussive

La force conjointe du G5 Sahel, dont le quartier général de Sévaré, dans le centre du Mali, a subi vendredi une attaque meurtrière, vise à combler les lacunes des dispositifs militaires nationaux et multinationaux face à l'expansion des groupes jihadistes

A l'origine, une initiative régionale

La décision initiale remonte au sommet du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) de N'Djamena en novembre 2015. Mais le projet a été réactivé en 2017, en raison notamment de la dégradation de la situation dans le centre du Mali, limitrophe du Burkina Faso et du Niger, gagnés à leur tour par les violences jihadistes, se mêlant souvent à des tensions ou des conflits intercommunautaires. 

Il a connu une nette accélération au cours du sommet du G5 Sahel à Bamako le 2 juillet 2017, lorsque le président français Emmanuel Macron a apporté son soutien à cette initiative, dans laquelle Paris voit un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité.

Un an plus tard, M. Macron retrouvera ses homologues du G5 Sahel lundi à Nouakchott, en marge du sommet de l'Union africaine, pour faire le point sur l'avancement du projet.

Missions et objectifs

Cette force, répartie sur trois "fuseaux" (Ouest, basé en Mauritanie, Centre au Niger et Est au Tchad), avec un quartier général à Sévaré, peut intervenir sur une bande de 50 km de part et d'autre des frontières communes.

Le but est de desserrer l'emprise que les jihadistes exercent sur les populations, notamment dans les zones frontalières délaissées ou abandonnées par le pouvoir central.

"Les autorités de l'Etat sont de moins en moins présentes dans le nord et le centre du Mali et dans le nord du Burkina Faso", déplorait le  secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un rapport sur la force conjointe publié le 8 mai.

"Il faut aller très vite. Dans les zones des frontières, il faut que les gens aient la protection que nous leur devons mais aussi le développement".a récemment déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'organisation G5 Sahel, le Nigérien Maman Sambo Sidikou, citant "les services sociaux de base, l'eau, l'éducation, la santé".

Combien de divisions?

La force conjointe devait atteindre en mars 2018 sa pleine capacité de 5.000 hommes, répartis en sept bataillons: deux pour le Mali et le Niger, et un pour le Tchad, le Burkina Faso et la Mauritanie, restant chacun sous son uniforme national. 

Mais cette échéance a dû être reportée, souligne M. Guterres dans son rapport.

"Au 13 avril, six des sept bataillons avaient été identifiés par les Etats membres", précise-t-il. Pour le secteur central, celui des "trois frontières", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, le plus avancé, seuls "deux tiers des contingents" sont déployés, selon la même source.

De nombreux piétinements

"Les progrès réalisés en vue de rendre la force conjointe pleinement opérationnelle et de mobiliser un financement international à son appui ont été lents et parfois fastidieux", résume le secrétaire général de l'ONU.

Il évoque "un manque criant de moyens, tant en matière de formation que de matériel", et le fait que les forces des pays membres, parmi les plus pauvres du monde, "sont d'ores et déjà par trop sollicitées".

En un an, la force conjointe a mené trois opérations, dont la dernière, de part et d'autre de la frontière entre le Niger et le Burkina Faso, s'est achevée début juin, sans résultat plus tangible que les précédentes.

Quant au financement de quelque 420 millions d'euros promis par la communauté internationale, qui tarde à se matérialiser, il devrait être au coeur des discussions lundi à Nouakchott. 

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