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Maroc - Ces juges qui réclament enfin leur indépendance

La réforme constitutionnelle marocaine, adoptée en juillet 2011, n’en finit pas de créer des remous. Après qu’une parlementaire a pour la première fois pris la parole en berbère à l’Assemblée, c’est au tour des magistrats de réclamer leur dû.

Selon l’article 107 de cette nouvelle constitution, «le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Le Roi est le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire.»

Or jusqu’ici, les juges d'instruction marocains sont restés sous la tutelle du ministère de la Justice. C’est pourquoi le Club des magistrats du Maroc s’est réuni le 8 mai à Rabat pour la deuxième assemblée de son conseil national, rapportent plusieurs sites d’informations marocains.

L’association, qui réunit près de 2.000 juges, et qui fut créée en août dernier, après l’adoption de la nouvelle constitution, a pour l’occasion signé une pétition demandant l’application de l’article 107.

«Nous réitérons notre appel pour l'indépendance du pouvoir judiciaire, et en particulier l'indépendance des magistrats du parquet qui demeure sous la tutelle du ministère de la justice», s’est indigné Yassine Moukhli, le président du Club des magistrats marocains, lors d’une déclaration rapportée par le site d'information Au Fait Maroc.

La menace d'une démission collective, d'une grève et d'autant de mobilisations qu'il sera nécessaire pour voir appliquer la nouvelle constitution a même été brandie.

«Si le procureur général à la cour de Cassation se chargeait de définir les orientations générales de la politique pénale, celle-ci serait plus claire et objective», explique pour sa part Mohammed Qassimi, magistrat à Oued Zem, toujours sur Au Fait Maroc.

Et le site Labass.net de montrer du doigt un paradoxe:

«Le jargon utilisé en la circonstance par les magistrats ne diffère point de celui des militants syndicalistes, que dire alors de l’article 111 de la nouvelle Constitution qui interdit clairement aux juges d’adhérer à des partis politiques ou à des organisations syndicales? Une question qui mérite réponse.»

La nouvelle Constitution marocaine n’a pas fini de faire parler d’elle.

Lu sur Au Fait MarocLabass.net

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