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Nigeria: l'armée affirme avoir arrêté des suspects des tueries du weekend

L'armée nigériane a déclaré jeudi avoir arrêté des suspects en lien avec les massacres le week-end dernier de plus de 200 personnes, dernier épisode d'une vague de violences qui s'abat sur le Nigeria depuis le début de l'année et inquiète Amnesty International et Human Rights Watch. 

Le commandant Adam Umar, porte-parole de l'armée,  a déclaré avoir arrêté 17 personnes, dont trois sont liées aux meurtres perpétrés dans les villages de la région de Barikin Ladi (Etat du Plateau), et les 14 autres sont connectés aux attaques commises en l'encontre des Peuls sur la route au sud de Jos, la capitale de l'Etat. 

"Comme nous le savons tous, des villages de Barikin Ladi ont été attaqués il y a quelques jours et nous avons arrêtés trois suspects, (...) en possession de quatre fusils, de trois armes artisanales et d'un AK47", a déclaré M. Umar. 

"Les 14 autres personnes ont été arrêtées le long de la route entre Abuja et Jos", a-t-il souligné. Selon des témoins contactés par l'AFP, des groupes de jeunes de l'ethnie Berom ont dressé des barricades le long de la route en représailles des tueries dans leurs villages, attaquant toute personne "ayant l'air peule ou musulmane". 

Amnesty International s'est "grandement inquiété" de l'augmentation du niveau de violences au Nigeria depuis le début de l'année, dans un communiqué publié jeudi. 

"Depuis janvier 2018, au moins 1813 personnes ont été massacrées dans 17 Etats, ce qui est le double de toute l'année précédente (894)", peut-on lire.

"Ce bilan comprend les tueries entre éleveurs peuls et agriculteurs sédentaires, heurts communautaires, mais aussi les attaques du groupe jihadiste Boko Haram et les actes de banditisme", indique l'organisation de surveillance des droits de l'Homme. 

De son côté, Human Right Watch a directement accusé le président Buhari de ne pas être parvenu à endiguer les violences. 

"Le carnage qui s'est produit dans l'Etat du Plateau est une indication claire que ce conflit, vieux de plusieurs décennies, a atteint un nouveau pic de brutalités", a déclaré Mausi Segun, directrice Afrique pour l'ONG internationale. 

"La fréquence de ces attaques meurtrières mettent en lumière les échecs du gouvernement à assurer la sécurité et la paix dans la région", a-t-elle souligné. 

Le président Muhammadu Buhari, qui a déjà annoncé son intention d'être candidat à sa propre succession, a été fortement critiqué pour son inaction face au conflit entre les agriculteurs chrétiens et les éleveurs peuls qui se propage dans tout le centre du pays. 

L'insécurité rampante dans la "ceinture du milieu" (région centrale du Nigeria) pourrait devenir l'un des points de crispation les plus importants de la campagne présidentielle en vue du scrutin de février 2019.

En effet, le conflit qui cristallise toutes les tensions dans le pays devient un sujet de préoccupation plus important que l'insurrection jihadiste de Boko Haram dans le nord-est.  

Les circonstances des massacres de ce weekend restent floues, de même que l'identité des assaillants. Mais, dans le pays le plus peuplé d'Afrique avec 180 millions d'habitants, où la croissance démographique explose, l'accès à la terre et à l'eau est le premier enjeu de ce conflit entre éleveurs et agriculteurs qui prend une dangereuse tournure identitaire et religieuse.

Un renfort policier et militaire a été mis en place dans le Plateau afin d'améliorer la sécurité, ainsi qu'un couvre-feu dans certaines zones de l'État pour rétablir le calme.

AFP

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