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François Hollande livre son analyse sur la montée de l'islamisme au Sahel

Le nouveau président élu de la République française, François Hollande, qui a battu le 6 mai Nicolas Sarkozy avec 51,6% des suffrages, a accordé à Slate.fr une interview exclusive.

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«Les grandes orientations de sa politique européenne et internationale»

Le nouveau président français revient ainsi sur la situation au Sahel, qu’il juge préoccupante.

«J’ai approuvé l’intervention en Libye, mais j’ai regretté que l’accompagnement n’ait pas suivi, et aujourd’hui une partie des débris de l’armée libyenne et des forces qui l’ont soutenue se retrouve dans cette zone, et déstabilise le Niger et le Mali», explique-t-il.

Depuis le mois d’avril se sont succédés dans la région coups d’Etat et crises politiques, alors que la stabilité dans la zone du Sahel est mise en péril par l’influence des réseaux islamistes.

«L’Europe doit comprendre qu’elle aurait avantage à accompagner plus fortement le développement» dans ces pays, analyse le socialiste.

Il est également revenu sur les élections qui ont suivi les printemps arabes et ont porté au pouvoir des partis islamistes, notamment en Tunisie et en Egypte.

Selon lui, «le bon fonctionnement de la démocratie, l’égalité hommes-femmes ou la place respective de la société et de l’Etat doivent être rappelés autant que nécessaire» à ces pays.

Enfin, François Hollande s'est exprimé sur les «peurs» et «amalgames» que l'arrivée au pouvoir des islamistes dans ces pays a provoqué en France.

«J’ai déploré qu’il y ait eu des confusions. Les étrangers peuvent être d’originaire africaine, maghrébine, sans être musulmans. Et être musulmans sans être communautaristes. Je veux faire respecter en France des valeurs qui permettent à chaque individu de pratiquer le culte de son choix mais dans le cadre des règles commune de la laïcité.»

Lu sur Slate.fr

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