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Algérie - SOS parents battus par leurs enfants

Le phénomène terrifie l’Algérie.

En l’espace de quelques années, les violences sur ascendants, soit les violences commises par les enfants envers leurs parents, ont considérablement augmenté.

En 2011, la justice algérienne a traité près de 611 affaires du genre, soit 23% de plus que l’année précédente.

Et pour les seuls trois premiers mois de l’année 2012, il y en a déjà eu 113.

«Pour des histoires d’indivision, d’argent de poche, de pensions alimentaires, de prise en charge des enfants, de licences de voiture ou encore de parcelles de terrain, la progéniture recourt à un rare acharnement causant, souvent, des parricides,» écrit le quotidien Liberté.

C'est la Gendarmerie nationale algérienne qui a publié ces chiffres qui ne reflètent cependant qu'une réalité partielle: toutes les victimes ne portent pas plainte. 

«La violence contre les ascendants est une réalité amère qui ne cesse de prendre de l’ampleur d’une année à autre» lit-on dans le communiqué de la Gendarmerie nationale, cité par La dépêche de Kabilye.

Pour tenter d'expliquer pourquoi ces jeunes s'en prennent à leurs parents, la Gendarmerie nationale souligne aussi que les auteurs de ces crimes sont la plupart du temps sous l’emprise de drogue, d’alcool ou d'autres psychotropes parfois obtenus sous prescription médicale, s'étonne le journal.

Dans le pays, ces violences intergénérationnelles étaient autrefois qualifiées de crime de lèse-majesté. Aujourd’hui, elles sont toujours considérées comme des cas de violence extrême, sévèrement punies par la loi et selon des critères trés stricts.

C’est l’article 267 du code pénal qui requiert 5 à 10 ans de prison ferme pour toute personne auteure de violences volontaires contre ses ascendants ayant causé une incapacité de travail. Si la violence a causé l’amputation d’un membre, la perte de la vue ou encore une invalidité permanente du parent, la peine s'échelonne entre 10 et 20 années de détention ferme.

Cependant, ces lourdes sanctions ne semble pas suffire. Les tribunaux algériens ne désengorgent pas de ces nouvelles affaires.

Lu sur Liberté, La dépêche de Kabylie

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