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Sierra Leone - Les médias sont-ils trop «afro-pessimistes»?

Avec la condamnation de Charles Taylor, l'ex-président du Liberia, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité le 26 avril dernier, la Sierra Leone se retrouve de nouveau sous les projecteurs médiatiques. Souvent pour le pire. 

Dans un reportage vidéo, Ros Atkins, le journaliste de la BBC, fait un constat simple:

«Où que j’aille sur le continent africain, j’entends des critiques sur les médias occidentaux qui seraient trop négatifs.»

Jugé trop «afro-pessimistes», ils ne rendraient compte que des atrocités passés en occultant les aspects positifs du développement sur le continent.

«Vous ne vous concentrez que sur les mauvais côtés: les Africains sont pauvres, ils ne sont pas civilisés, pas éduqués, ce sont des barbares», s’indigne Al-Hassan, étudiant à Freetown, la capitale de la Sierra Leone.

«Et notre hospitalité et les brillants africains qui ont changé le monde? Vous n’en parlez pas?»

Sur le sujet délicat de la guerre civile en Sierra Leone qui a ravagé le pays il y a un peu plus de dix ans, les avis divergent parfois. Certains préfèrent que les médias en parlent pour que l'on se souvienne de ce qu'il s'est passé. D'autres sont plus nuancés.

Il faut rappeler les horreurs de la guerre civile mais avant tout il faut de nouvelles histoires, des histoires de succès, de business, d’économie. 

«Je n'attendrai pas que les médias étrangers relatent nos succès. Si nous la racontons bien, ils viendront d’eux mêmes,» explique Joe Abass Bangura entrepreneur et présentateur d'une émission télévisée en Sierra Leone.

Pour lui, c’est les Africains qui devront mettre en lumière leur «success story».

L'intérêt que les médias étrangers portent aux causes perdues de l’Afrique —la corruption, la pauvreté et les conflits— a un avantage indéniable: Il permet de faire pression sur les gouvernements africains d'une part et étrangers, d'autre part, pour que les aides aux développements ne soient pas suspendues. 

Pour l'instant, le moment où les médias étrangers se désintéresseront des malheurs de l’Afrique pour se concentrer sur le positif n'est pas encore venu. 

Vu sur BBC

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