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France - Une Burkinabè inaugure le droit de vote pour les étrangers à la présidentielle

Voilà un bien joli pied de nez à l’interdiction du droit de vote aux étrangers en France.

L’histoire se déroule à Hadol, petite ville des Vosges, dans l’est de la France.

Alors que dans l'Hexagone, le débat politique fait rage sur l’opportunité de leur donner cette possibilité pour les élections locales, une jeune Burkinabè de 20 ans, a voté au premier tour de l'élection présidentielle française le 22 avril 2012, apprend le quotidien L’Est Républicain.

Bérénice Ouédraogo Petit, la suffragette audacieuse, est la première surprise de cette incohérence électorale. Jusque-là, sa prétention première était d’obtenir la nationalité.

Adoptée à l’âge de 5 ans par une famille française, la jeune fille a vécu les trois quarts de son existence sur le territoire français. Parvenue à la majorité, elle entreprend les démarches afin d’être naturalisée.

Mais en juin 2011, elle apprend que sa demande est ajournée pour réexamen dans deux ans. Motif: «caractère incomplet de l’insertion professionnelle» pour celle qui est encore étudiante en lettres à la faculté de Nancy.

C’est dire donc qu’à l’approche du scrutin, Bérénice ne s’attendait pas à ce que la mairie lui fasse parvenir une carte… d’électeur.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que se produit une telle incongruité:

«L'année dernière, pour les cantonales, j'avais déjà reçu une carte, mais je n'avais pas osé voter », confie-t-elle.

Mais quand l’erreur administrative se reproduit, l'étudiante choisit d’affirmer son identité française en anticipant son devoir citoyen.

«Cette fois-ci, au vu de la situation ubuesque dans laquelle je me trouve, j'ai décidé de le faire» s’explique-t-elle encore.

Dans son village d’Hadol où tout le monde la connaît et la tient pour française, il n’est venu à l’idée de personne de lui demander sa carte d’identité. Une vérification qui n’est pas obligatoire pour les communes de moins de 3.500 habitants comme Hadol.

Tout au long de sa vie, la demoiselle aura connu des ambigüités sur ses droits:

«J'ai fait ma Journée d'appel de préparation à la Défense, en présentant mes papiers burkinabè. De même, j'ai pu faire un stage dans l'armée française, dans l'espoir de devenir réserviste», raconte t-elle à l’AFP.

Mais en revanche, elle éprouve toutes les difficultés du monde pour passer son permis de conduire et faire renouveler sa carte de séjour.

En définitive, l’affaire aura eu le mérite d’attirer l’attention sur cette situation administrative qu'elle juge absurde. Selon Le Figaro, la municipalité attend des directives prochaines de la préfecture des Vosges, pour régulariser la situation de Bérénice.

Et comme si son premier acte de revendication ne suffisait pas, la jeune femme à la ferme intention de récidiver. Au second tour de l’élection présidentielle française qui se tient le 6 mai, elle a bien l’intention d’aller voter une nouvelle fois.

Lu sur L’Est républicain, Le Figaro, AFP

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