SlateAfrique

mis à jour le

Libye - La prison pour tous ceux qui glorifient Mouammar Kadhafi

La glorification de Mouammar Kadhafi est répréhensible par la loi libyenne. La peine est loin d’être anodine.

«Saluer ou glorifier Mouammar Kadhafi, son régime, ses idées ou ses fils ... est passible d'une peine de prison»,  prévoit le texte de la loi lu aux journalistes par un fonctionnaire judiciaire.

Pour les nouvelles autorités libyennes, il s'agit bien de tirer un trait sur l'ère Kadhafi. La prison à vie n’est pas écartée pour tous ceux qui se risqueront à louer le guide défunt, rapporte le site Middle East Online.

Le 7 janvier dernier, les écoliers libyens avaient déjà retrouvés leurs manuels vides de tout éloge de Mouammar Kadhafi. 

«Dans des conditions de guerre, une peine de prison est prévue pour toute personne qui diffuse des informations et des rumeurs qui perturberaient les préparatifs militaires pour la défense du pays ou qui sèmeraient la terreur», ajoute le texte de loi.

Notons que la Libye est toujours en état de guerre, plus d’un an après le début de la révolte des rebelles contre le régime de Mouammar Kadhafi. Malgré la chute du régime en octobre 2011, les rivalités et les affrontements ne cessent de causer la mort de combattants libyens.

Les combattants anti-Kadhafi ne sont pas encore à l’abri d’une vengeance des partisans de l'ancien régime. En janvier dernier des affrontements avaient éclaté entre deux villes, dont l’une était soupçonnée d’avoir soutenu le guide libyen.

Une deuxième loi, prévoit donc des peines de prison pour toute personne qui «s'attaque à la Révolution du 17 Février, dénigre l'Islam, l'autorité de l'Etat ou ses institutions.»

Cette série de lois tombe à quelques semaines des élections pour former la prochaine assemblée prévues en juin.

Autre revirement législatif: l’annulation de l’interdiction des partis sur base religieuse ou tribale.

Le 24 avril dernier, le CNT avait pourtant déclaré que les partis religieux n’étaient pas autorisés. L’annonce avait alors été saluée par les représentants occidentaux. Beaucoup voit dans cette annonce démentie quelques semaines plus tard, une sorte de test de l’opinion publique libyenne, dans un contexte de crise. Car la Libye demeure en proie aux divisions tribales et au pouvoir fort des milices, qui refusent de rendre les armes.

Lu sur Middle East Online

A lire aussi

La Libye au bord de la partition

mpossible réconciliation libyenne

Libye, un an après: la guerre n'est pas finie