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Comment l'Algérie peut renforcer sa place au FMI

L’Algérie cherche-t-elle à prendre des responsabilités au sein du Fonds monétaire international (FMI)?

Elle serait en train de négocier des sièges au conseil d’administration de l'institution selon un article du site d’information algérien El Khabar daté du 29 avril, qui cite des «sources financières».

Ces négociations devraient être finalisées «dans les prochaines semaines», rapporte ce quotidien algérien.

«L’obtention de sièges au conseil d’administration permettrait à l’Algérie d’obtenir une position de force, qui lui permettrait d’exploiter sa nouvelle place au FMI pour obtenir des fonds à intérêts préférentiels.»

En fait, l'Algérie était un pays emprunteur auprès du FMI jusque à la fin des années 1990 et est devenue un pays prêteur à partir des années 2000.

Le 26 avril, le FMI a demandé à Alger d’augmenter ses participations financières, alors que le Fonds cherche à accroître ses reserves d'au moins 400 milliards de dollars auprès de ses pays prêteurs. Selon El-Khabar, le gouvernement algérien aurait déjà accepté.

Maghreb Emergent a quant à lui annoncé que le gouvernement algérien donnerait une réponse au FMI d’ici le mois d’octobre 2012, citant le ministre de la Prospective et des Statistiques, M. Hamid Temmar.

«La demande du FMI relance le débat, en Algérie, sur la meilleure manière d’administrer les réserves de change», continue Maghreb Emergent.

Ces réserves pourraient atteindre 205,2 milliards de dollars d’ici fin 2012, et 224,1 milliards de dollars en 2013.

Elles constituent les deuxièmes plus importantes de la région Mena (Moyen-Orient/Afrique Du Nord), après celles saoudiennes, et doivent être investies, selon Abderrahamne Hadj Nacer, un ancien directeur de la Banque d'Algérie cité par El-Watan. 

«Si l’Algérie compte actuellement sur sa présence parmi les membres du comité monétaire et financier et du comité de développement du FMI pour maintenir une certaine influence au sein du Fonds, elle n’est pas à l’abri d’un retournement de situation.»

L'accumulation des réserves de change «ne peut en aucun cas protéger [l'Algérie] d’un retournement prolongé du marché pétrolier ; bien au contraire, elle pourrait être assujettie à des institutions où elle n’aura aucune voix au chapitre», avertit M. Nacer.

Pour Éric Briys, un expert en finance, également interrogé par El-Watan, «le FMI a besoin de l’Algérie. Dont acte. Mais cette solidarité indispensable ne doit pas se limiter à jouer le rôle de soldat du feu économique. Ce serait réducteur et in fine ne profiterait pas pleinement à l’Algérie. Le temps est venu pour l’Algérie d’adopter une attitude proactive.»

Lu sur El-KhabarMaghreb Emergent, El-WatanAlgérie 360

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