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Les nouvelles techniques de racolage des prostituées camerounaises

Au Cameroun, certainement comme dans de nombreux autres pays, la prostitution est le plus vieux métier. Et jusqu’ici, les péripatéticiennes de Yaoundé, la capitale du pays, ont employé des recettes qui ont fait leur succès.

Seulement, comme le quotidien Le Jour le fait savoir dans un reportage à travers les trottoirs du Yaoundé by night, la concurrence devient de plus en plus rude. Ce qui oblige donc les belles de nuit de Yaoundé à développer de nouvelles techniques de drague.

D’abord à travers leurs tenues. Qu’il vente ou qu’il pleuve, les prostituées de Yaoundé n’ont plus seulement des tenues affriolantes, elles sont quasiment nues.  

«L’on voit aller et venir de jeunes femmes légèrement vêtues, dos et ventre dehors, malgré le froid (…) Comme celle-ci, avec une forte poitrine à peine couverte d’un décolleté presque transparent, alors que son string rouge est bien visible à cause de son “matelot”, cette très courte culotte devenue tendance, couleur noire, volontairement portée en taille basse. Elle laisse voir la naissance de ses fesses», décrit Le Jour.

La technique semble donc bien rôdée pour attirer le chaland. D’ailleurs, l’une d’elle affirma sans sourciller:

«La marchandise se vend bien quand elle exposée.»

 Autre méthode désormais employée par les prostituées yaoundéennes pour contrer la concurrence et faire plus de gains: rechercher des clients en voiture. Ce sont les plus généreux, apprend-on.

«Les clients en voiture sont ceux qui payent le mieux, parce qu’avec eux, vous n’avez pas à payer la taxe à l’auberge», confie Rachel E., prostituée.

Une taxe qui s’élève à 500 F. CFA (moins d’un euro) alors que le client paye 2.000 F. CFA (presque 3 euros)… Le bénéfice est donc considérable! Comme le décrit Le Jour dans son reportage, aucune d’elle n’ira avec le client chez lui ni chez elle. Les belles de nuit de Yaoundé, préféreront faire l’affaire sur place, sur des cartons de fortune, à l’arrière de bâtiments administratifs de la ville. Ca coûte, certes, moins cher au client, mais c’est plus rapide aussi. Et comme, pour ces femmes aussi, le temps c’est de l’argent…

Enfin, dernier élément découvert par le journal, les prostituées de Yaoundé auraient établi une forme de connivence avec certains policiers.  

«Quand l’une de nous va avec un client, les autres alertent les policiers par des SMS ou par des appels. Elles indiquent l’endroit où le couple s’est rendu», peut-on lire comme confidence.

Lesquels policiers débarqueraient alors en pleins ébats et menaceraient l’homme de se faire arrêter (se prostituer ou voir des prostituées est passible de 6 à 5 ans de prison au Cameroun, Ndlr)… Et comme tout s’arrange toujours à coup de biftons au Cameroun, le client déboursera un peu plus que le tarif minimal de la passe. Même si elle se partage l’excédent avec les flics, la belle de nuit finit par faire une belle affaire.

Lu sur Le Jour

 

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