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Les bégaiements de la démocratie guinéenne

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé, le 27 avril, le report sine die des élections législatives prévues le 8 juillet et déjà reportées à maintes reprises, en raison, a-t-il dit, de «problèmes techniques».

«Je ne convoquerai pas les électeurs pour le 8 juillet (...) parce que je n'ai pas la certitude que tout est normal, que tous les problèmes techniques sont réglés», a expliqué le président Condé, dans une déclaration aux médias d'Etat.

«Nous avons passé les élections présidentielles avec beaucoup de problèmes et beaucoup d'imperfections, c'est pourquoi il faut que les élections législatives soient transparentes et démocratiques», a ajouté le président de la Guinée.

«Je ne peux pas me permettre après avoir mené tant d'années de combat pour la démocratie que, sous ma présidence, des élections ne soient pas transparentes, crédibles et démocratiques», a-t-il poursuivi.

Les élections législatives devaient constitutionnellement avoir lieu au plus tard six mois après l'investiture du président Alpha Condé en décembre 2010, mais elles ont été sans cesse reportées depuis.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait fini par annoncer, le 1er mars, avoir arrêté la date du 8 juillet pour ce scrutin, mais l'opposition avait dénoncé une décision unilatérale et déploré que la date du scrutin ait été fixée avant même la fin de l'audit du fichier électoral.

De son côté, l'Union européenne avait averti que sans élections démocratiques, elle ne débloquerait pas d'aide au pays.

Les dernières législatives remontent à juin 2002, à l'époque du régime du président Lansana Conté, décédé en décembre 2008, après 24 ans au pouvoir.

Un Conseil national de transition (CNT) fait actuellement office de Parlement. Il a été mis en place début 2010, durant la transition militaire conduite par le général Sékouba Konaté, qui a cédé le pouvoir à Alpha Condé, à l'issue du second tour de la présidentielle de novembre 2010.

Lu sur AFP

 

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