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Nigeria - Boko Haram attaque les médias à la bombe

Les médias sont dorénavant dans le collimateur de la secte islamiste Boko Haram.

Depuis l’assassinat en 1986 par colis piégé du célèbre journaliste d’investigation et fondateur de Newswatch, Dele Giwa, jamais la presse nigériane n’avait été victime d’une attaque que celle qui a frappé les locaux de This Day à Abuja, la capitale fédérale du pays, et à Kaduna ainsi que ceux de The Sun et The Moment dans cette dernière ville du nord.

Punch souligne:

«un kamikaze a déclenché le détonateur d’une voiture bourrée d’explosifs au bureau du journal This Day aux environs de Jabi à Abuja dans la capitale fédérale, tuant trois personnes, y compris deux agents de sécurité, et blessant 13 autres. Une attaque séparée à Kaduna qui a pris pour cible les bureaux des journaux This Day, The Sun et The Moment fait état de trois victimes».

En attendant le bilan définitif de ces attaques, beaucoup de professionnels des médias au Nigeria s’inquiètent du fait que les médias soient devenus la cible de Boko Haram.

Selon Tell Magazine:

«la parfaite coordination des attaques à la bombe des bureaux de Kaduna et d’Abuja suscite des spéculations sur les attaques délibérées des maisons de presse. Dans l’un de ses tweets, Nasir el Rufai, l’ancien ministre de l’Administration du territoire de la capitale fédérale écrit que la secte Boko Haram avait menacé par téléphone This Day en janvier».

La secte islamiste Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati Wal-Jihad, plus connue sous le nom de Boko Haram accuse en effet les médias de faire un traitement partial de son combat contre le gouvernement du Nigeria.

Le journal Premium Times cite des passages d’une interview exclusive avec son porte-parole, Abul Qaqa. Lequel dit, entre autres:

«nous avons maintes fois mis en garde les journalistes et les organes de presse d’être professionnels et objectifs dans leurs reportages. C’est une guerre entre le gouvernement du Nigeria et nous ; malheureusement les médias n’ont pas été objectifs et justes dans leurs reportages sur la guerre qui a cours, ils ont choisi de prendre parti».

Boko Haram ne supporte manifestement pas que la presse condamne ses actions. Et les membres de la secte islamiste ont tenu à le faire savoir aux hommes de médias, et de la manière la plus violente qui soit. Si c’est aujourd’hui au Nigeria, cela peut bien être hors du Nigeria demain. Avis donc aux journalistes: il ne faut jamais être trop prudent avec Boko Haram.

Lu sur Tell Magazine, Premium Times, Punch

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