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Ce palu qui devient de plus en plus résistant en Afrique

L'agent du paludisme le plus mortel en Afrique s'est montré capable de résister à l'un des traitements disponibles les plus puissants lors de tests en laboratoire, selon des chercheurs qui mettent en garde contre le risque d'une perte d'efficacité thérapeutique qui pourrait en découler.

Une équipe britannique (St George's, université de Londres) a observé en laboratoire des résistances du parasite Plasmodium falciparum à l'artéméther sur 11 des 28 prélèvements sanguins testés, provenant de patients tombés malades après avoir voyagé principalement en Afrique sub-saharienne.

Leur travail est publié le 27 avril dans la revue spécialisée Malaria Journal (du groupe de revues en accès libre en ligne BioMed Central).

L'artéméther est l'une des molécules les plus efficaces de la famille des dérivés de l'artémisinine, qui sont le plus souvent administrés en combinaison avec d'autres médicaments anti-paludéens (ACT) pour éviter les résistances, conformément aux recommandations émises par l'Organisation mondiale de la santé (0MS).

En moyenne, l'efficacité de l'artéméther était réduite de moitié dans les échantillons de sang infestés. Les onze parasites isolés présentaient les mêmes mutations génétiques, touchant à un système de transport du calcium, qui leur est indispensable.

L'efficacité des autres dérivés de l'artémisinine, comme l'artésunate, n'était pas affectée par les mutations du parasite, selon ces tests.

L'étude ne portait pas sur une vérification d'un éventuel échec du traitement chez les malades.

Mais les pertes d'efficacité des traitements constatées en laboratoire finissent habituellement, à un moment ou un autre, par toucher les patients, souligne Sanjeev Krishna, responsable de l'étude.

La résistance au traitement pourrait devenir un problème dévastateur en Afrique, et pas seulement en Asie vers laquelle les yeux sont tournés, ajoute le chercheur en relevant que les changements génétiques sont "relativement récents".

Le 24 avril dernier à Bangkok, l'OMS a estimé qu'il existait de "bonnes chances" de limiter la propagation de parasites du paludisme résistants au traitement le plus efficace, après l'émergence de ces parasites aux frontières de la Thaïlande.

Cette résistance à l'artémisinine n'empêche pas les patients d'être soignés, a insisté à cette occasion le Dr Pascal Ringwald, coordinateur du programme paludisme de l'OMS. Ce médicament étant utilisé en association avec d'autres, la résistance allonge simplement d'un ou deux jours la durée de guérison normale, selon lui.

Lu sur AFP

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