SlateAfrique

mis à jour le

Algérie - Le rêve d’implantation d’une usine Renault vire au cauchemar

Renault en Algérie, c’est fini!

Pourtant, l’idée d’implantation d’une usine automobile du constructeur français avait été annoncé aux Algériens comme quasi définitive par Alger. Désillusion.

«Les discussions ont pris plus de temps que prévu. Le partenaire étranger (Renault) a considéré que le lieu proposé pour l'implantation de l'usine est loin du bassin de l'emploi et qu'il n'offrait pas les opportunités nécessaires», a déclaré Mohamed Benmeradi, le ministre algérien de l’Industrie, cité par La Tribune.

Pourtant, en 2011 c’est ce même ministre qui «avait annoncé à plusieurs reprises la conclusion imminente d'un accord avec Renault».

«Les propos de Mohamed Benmeradi semblent destinés à préparer progressivement les esprits à un abandon du projet d’implantation de Renault en Algérie», note Tout sur l’Algérie (TSA).

Le quotidien électronique algérien rappelle cependant que le patron de Renault «avait annoncé la couleur depuis le Maroc» en déclarant le 9 février denier que rien n’était décidé

«Mais Mohamed Benmeradi et le gouvernement algérien avaient fait semblant de ne pas comprendre son message.»

C’est un échec, et «la responsabilité d’Alger est grande» souligne pour sa part le journal économique français.

«Plusieurs raisons expliquent cette incapacité de l'Algérie à attirer un constructeur de voitures en dépit de l'importance de son marché, le deuxième en Afrique, avec 400.000 unités vendues en 2011.»

La Tribune souligne le fait que côté algérien, ce dossier a été traité par des bureaucrates ce qui s’est traduit par une «méconnaissance de l'industrie automobile» et «l'indécision du gouvernement algérien».

De plus, le choix du lieu d’implantation proposé par l’Algérie s’est révélé peu judicieux: Jijel est une ville touristique où l'industrie est quasiment inexistante, et qui se caractérise par l'absence de sous-traitants. 

Autre fait qui a joué en la défaveur de l’Algérie, «la politisation du projet»:

«Le régime voulait l'avoir pour maquiller son maigre bilan à la tête du pays à l'occasion de la célébration cette année des 50 ans de l'indépendance. Et aussi, pour faire comme le voisin marocain où Renault a implanté sa première usine de fabrication de voitures en Afrique.»

Et TSA de conclure:

«L’abandon annoncé du projet Renault viendra s’ajouter aux nombreux autres échecs du gouvernement actuel en matière économique.»

Lu sur La Tribune, Tout sur l'Algérie

A lire aussi

Renault à Tanger, un cauchemar pour Sarkozy?

Maroc - Le monospace fabriqué à Tanger qui inquiète les Français

L'Algérie, une forteresse assise sur son pétrole

L'Algérie entasse ses pétrodollars