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Amadou Sanogo pose pour la postérité après avoir accepté d'abandonner le pouvoir, Camp de Kati, 7 avril 2012 REUTERS/Joe Penney
Amadou Sanogo pose pour la postérité après avoir accepté d'abandonner le pouvoir, Camp de Kati, 7 avril 2012 REUTERS/Joe Penney

Mali: la junte garde la main

La composition du gouvernement de transition montre bien que la junte conserve une influence certaine sur la gestion des affaires du pays.

Mise à jour du 29 avril 2012: L'ex-chef de la junte militaire qui avait pris le pouvoir le 22 mars au Mali avant d'accepter de le rendre, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a rejeté, le 28 avril, les décisions prises deux jours avant, à Abidjan, par les chefs d'Etat ouest-africains, en particulier l'envoi de soldats dans son pays.

«Toutes les décisions prises à Abidjan ont été prises sans concertation avec nous», a déclaré le capitaine Sanogo à la presse au camp militaire de Kati, près de Bamako, ajoutant: «Je ne suis pas d'accord avec l'arrivée des soldats de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).»

                                   ***

 

Ce qui se susurrait vient de se confirmer avec le nouveau gouvernement malien. L’accouchement fut certes long et difficile, mais le résultat ne surprend pas: la junte du capitaine Sanogo se taille la part du lion, en s’emparant de trois portefeuilles-clés: Défense, Intérieur et Protection civile.

OPA sur les postes clés

On dira qu’il fallait s’attendre à une telle OPA de l’armée sur ces postes, pour plusieurs raisons. Les questions militaires et de sécurité ne peuvent être valablement gérées, en ces temps de crise, que par des spécialistes de la chose, en l’occurrence les militaires. D’où la nécessité de les mettre au premier plan, en vue de relever les défis urgents que sont la réorganisation de l’armée, la reconquête du nord en cas d’échec des pourparlers et de façon générale la sécurisation du pays.

Les putschistes étant aux affaires, ce sont donc eux qui ont les leviers du pouvoir au sein de l’armée, et qui décident de tout. Mais leur influence ne se cantonne pas qu’à l’armée. Ce nouveau gouvernement est le reflet de la volonté des hommes du capitaine Sanogo. Ils avaient dit qu’ils ne voulaient pas de proches d’ATT dans le gouvernement; c’est fait. Ils ont ainsi réussi à écarter des organes de la transition les partisans du régime ATT et les autres acteurs de la scène politique malienne.

La junte est donc bel et bien la véritable détentrice du pouvoir sur les bords du Djoliba. Pour les Burkinabè, concernés au premier chef par la crise malienne à plusieurs titres (la médiation confiée au président Compaoré, le voisinage entre les deux pays le Mali et le Burkina, la répercussion de la crise malienne sur le Burkina avec l’afflux massif de réfugiés, etc.), la grande surprise se présente sous le nom de Sadio Lamine Sow. Est-ce bien le même?

Un émissaire du Burkina aux Affaires étrangères?

Bien des gens bien introduits dans les coulisses du pouvoir burkinabè se sont bien demandé s’il s’agissait du même Sow, cet homme de l’ombre qui a géré des dossiers de médiation auprès de Blaise Compaoré. Oui, c’est bien le désormais ex-conseiller spécial du président burkinabè qui a en charge la diplomatie malienne dans le nouveau gouvernement malien. La question est de savoir si Lamine Sow a hérité de cet important maroquin à cause de sa proximité avec le médiateur ou pour d’autres raisons.

En tout cas, elle ne manquera pas de susciter des commentaires au Mali. Ce qui est sûr, l’homme est avant tout un Malien. Malgré les longues années passées au Burkina, l’ancien sherpa du président Compaoré n’a jamais renié son pays. Le plus important, c’est donc l’impulsion qu’il pourra imprimer à la diplomatie malienne, en ces moments difficiles où le pays a besoin d’un négociateur chevronné à la tête du ministère des Affaires étrangères. En la matière, il sait à quoi s’en tenir, pour avoir beaucoup appris dans le sillage du médiateur burkinabé, en termes de résolution de conflits.

Mahorou Kanazoe (Le Pays)

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On dira qu’il fallait s’attendre à une telle OPA de l’armée sur ces postes, pour plusieurs raisons. Les questions militaires et de sécurité ne peuvent être valablement gérées, en ces temps de crise, que par des spécialistes de la chose, en l’occurrence les militaires. D’où la nécessité de les mettre au premier plan, en vue de relever les défis urgents que sont la réorganisation de l’armée, la reconquête du nord en cas d’échec des pourparlers et de façon générale la sécurisation du pays.

 

Les putschistes étant aux affaires, ce sont donc eux qui ont les leviers du pouvoir au sein de l’armée, et qui décident de tout. Mais leur influence ne se cantonne pas qu’à l’armée. Ce nouveau gouvernement est le reflet de la volonté des hommes du capitaine Sanogo. Ils avaient dit qu’ils ne voulaient pas de proches d’ATT dans le gouvernement; c’est fait. Ils ont ainsi réussi à écarter des organes de la transition les partisans du régime ATT et les autres acteurs de la scène politique malienne.

 

La junte est donc bel et bien la véritable détentrice du pouvoir sur les bords du Djoliba. Pour les Burkinabè, concernés au premier chef par la crise malienne à plusieurs titres (la médiation confiée au président Compaoré, le voisinage entre les deux pays le Mali et le Burkina, la répercussion de la crise malienne sur le Burkina avec l’afflux massif de réfugiés, etc.), la grande surprise se présente sous le nom de Sadio Lamine Sow. Est-ce bien le même?

 

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En tout cas, elle ne manquera pas de susciter des commentaires au Mali. Ce qui est sûr, l’homme est avant tout un Malien. Malgré les longues années passées au Burkina, l’ancien sherpa du président Compaoré n’a jamais renié son pays. Le plus important, c’est donc l’impulsion qu’il pourra imprimer à la diplomatie malienne, en ces moments difficiles où le pays a besoin d’un négociateur chevronné à la tête du ministère des Affaires étrangères. En la matière, il sait à quoi s’en tenir, pour avoir beaucoup appris dans le sillage du médiateur burkinabé, en termes de résolution de conflits.

 

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Les putschistes étant aux affaires, ce sont donc eux qui ont les leviers du pouvoir au sein de l’armée, et qui décident de tout. Mais leur influence ne se cantonne pas qu’à l’armée. Ce nouveau gouvernement est le reflet de la volonté des hommes du capitaine Sanogo. Ils avaient dit qu’ils ne voulaient pas de proches d’ATT dans le gouvernement; c’est fait. Ils ont ainsi réussi à écarter des organes de la transition les partisans du régime ATT et les autres acteurs de la scène politique malienne.

La junte est donc bel et bien la véritable détentrice du pouvoir sur les bords du Djoliba. Pour les Burkinabè, concernés au premier chef par la crise malienne à plusieurs titres (la médiation confiée au président Compaoré, le voisinage entre les deux pays le Mali et le Burkina, la répercussion de la crise malienne sur le Burkina avec l’afflux massif de réfugiés, etc.), la grande surprise se présente sous le nom de Sadio Lamine Sow. Est-ce bien le même?

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Mahorou Kanazoe. Journaliste burkinabè.

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