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Liberia - L'ex-président Charles Taylor mérite-t-il d'être condamné?

L'ancien président du Liberia Charles Taylor, accusé de crimes contre l'humanité en Sierra Leone, sera fixé sur son sort le 26 avril, la justice internationale rendant son premier jugement contre un ancien chef d'Etat.

Le juge samoan Richard Lussick lira un résumé du jugement lors d'une audience publique programmée à 11H00 (09H00 GMT) devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye.

Si Charles Taylor est reconnu coupable de crimes commis lors de la guerre civile en Sierra Leone qui avait fait 120.000 morts entre 1991 et 2001, une audience destinée à déterminer la peine se tiendra dans les quatre à huit semaines.

Président du Liberia de 1997 à 2003, Charles Taylor, 64 ans, est accusé d'avoir créé et mis en oeuvre un plan visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone, grâce à une campagne de terreur, dans le but d'exploiter ses diamants.

Les troupes de M. Taylor ont combattu aux côtés des rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF), que l'ancien président dirigeait en sous-main en leur fournissant armes et munitions en échange de diamants, assure l'accusation.

Arrêté en 2006 au Nigeria, Charles Taylor doit répondre de onze chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, dont meurtre, violences sexuelles et pillage, commis entre novembre 1996 et janvier 2002.

Son procès, ouvert le 4 juin 2007 et achevé le 11 mars 2011, avait été délocalisé à La Haye par le Conseil de sécurité des Nations unies qui craignait que la présence de M. Taylor à Freetown ne soit "une menace pour la paix".

Lors du procès, l'accusation avait présenté 94 témoins et la défense 21, dont Charles Taylor lui-même qui avait témoigné pendant 81 heures pour clamer son innocence et qualifier de "mensonges" le fait qu'il aurait mangé de la chair humaine. 

Le procès avait connu un regain d'intérêt sur la scène internationale en août 2010 lorsque le mannequin britannique Naomi Campbell et l'actrice Mia Farrow étaient venus témoigner à la demande du bureau du procureur. Celui-ci souhaitait les entendre au sujet de diamants du RUF que Mme Campbell avait reçus de M. Taylor après un dîner en Afrique du Sud organisé en 1997 par Nelson Mandela.

Lu sur AFP

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