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Libye - BHL ne plaide pas coupable

La guerre en Libye, c’est lui qui l'a vendue le mieux, Bernard Henri Levy. Chemise ouverte, il joua le médiatique intermédiaire entre les rebelles libyens et le président de la République française.

Dans un post publié sur le site du Point, BHL se défend face aux accusations lancées contre lui par Marine Le Pen.

«Elle ne perd aucune occasion de m’abreuver, avec quelques autres, d’injures parfois ordurières», écrit-il.

Mais plus que sur la candidate frontiste, BHL tient à revenir sur la Libye «car elle touche à l’essentiel et l’on ne peut pas, sur l’essentiel, laisser dire, et accréditer, n’importe quoi», ajoute-il.

Il se défend d’être le compagnon de Nicolas Sarkozy. L’association entre les deux hommes n’aurait duré que le temps de la guerre, durant laquelle le président sortant a été «exemplaire»: «déterminé, courageux, fidèle à l’idée que je me fais des valeurs de mon pays», précise Bernard Henri Levy.

BHL réfute également l’idée que le régime de Kadhafi était une dictature laïque, hostile au terrorisme.

«C’est absurde. Et le savent, pour ne parler que d’elles, les milliers de victimes de l’IRA irlandaise, des attentats de Lockerbie et du vol UTA 772, ou des attentats antisémites fomentés par les Abou Nidal et autres extrémistes palestiniens sponsorisés par Kadhafi», argumente -t-il.

BHL essuie de nombreuses critiques depuis le début de l’intervention en Libye. La situation confuse sur le terrain en raison de la puissance des tribus et la prolifération d’armes dans le pays alimente vivement les critiques à l’encontre d’une guerre, dont on ne mesure pas encore les conséquences dans la région.

Beaucoup d’observateurs imputent notamment la crise actuelle au Mali à la guerre en Libye. Les Touaregs et les combattants islamistes n’auraient jamais réussi à conquérir le nord du Mali sans l’appui logistique venu tout droit de Libye. 

«Comme si le sécessionnisme touareg, lancinant depuis la révolte de Kaocen, au Niger, en 1916, datait de la mort de Kadhafi! Comme si la question de l’unité territoriale du pays ne se posait pas depuis un demi-siècle au moins!», objecte BHL.

A ceux qui crient à la division tribale dans la Libye post-Kadhafi, BHL répond «faux».

«Ce n’est pas parce que des délégués auto désignés ont, le 6 mars, unilatéralement annoncé la création d’un "Conseil provincial" sans ressources, sans pouvoir et aussitôt désavoué, d’ailleurs, par les forces vives de la population de Benghazi et de Tobrouk, que le pays serait déjà fédéralisé», s’explique-t-il.

Reste qu'en dépit des arguments avancés par Bernard Henri Levy, l’extrême sud du de la Libye est toujours en proie à des affrontements sanglants entre tribus arabes et Toubou.

Lu sur Le Point

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