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Sénégal - Passions mortelles pour le combat du siècle de lutte (VIDEO)

Au pays de la Téranga, il serait inexact de dire que le ballon rond occupe le trône de sport roi. Les Sénégalais se passionnent plutôt pour les étreintes vigoureuses auxquelles se livrent les lutteurs sur le sable des arènes.

Et dans cette discipline, le maître incontesté au Sénégal c'est Yakhia Diop dit «Yékini», invaincu pendant une quinzaine années, après 19 combats livrés sans jamais mordre la poussière.

«C'était», pardon… Et ce depuis le 22 avril 2012, jour fatidique pour celui que l’on surnommait «le roi des arènes» apprend Le Quotidien, journal dakarois.

Au terme d’un combat qui a duré 2mn 10, son invincibilité a été brisée par Balla Gaye 2, son jeune challenger devant les yeux médusés de l’assistance.

Effusions de larmes, de joie ou de tristesse, scène de liesse ou d’affliction, évanouissements et syncopes, telle est l’ambiance qui régnait à Dakar et les autres villes à la fin du «match du siècle» manifestement attendu avec ferveur par les Sénégalais, rapporte l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Une passion trop intense pour certaines personnes qui ont même succombé, non pas des suites des violences qui auraient pu suivre la rencontre, mais d’une émotion qui leur aura été fatale.

Le bilan est de 3 morts, deux hommes et une femme tous décédés par arrêt cardiaques après avoir assisté à la victoire ou la défaite de leurs champions, apprend-t-on par Senenews.

L’affaire est sérieuse et la préoccupation nationale, au point que le président nouvellement élu et le ministre des Sports ont adressé leurs condoléances aux familles des victimes.

Yékini aurait dû se méfier pourtant, une célèbre voyante avait prédit sa défaite. Mal lui en a pris car elle a aussitôt été menacée de mort:

«Des personnes m’appellent sur mon téléphone pour proférer des menaces de mort et certains vont même jusqu’à immoler des taureaux noirs rien que pour me jeter de mauvais sorts, par le pouvoir des forces du mal», déclarait l’infortunée avant la rencontre. 

Une chose est sûre, au Sénégal, on ne plaisante pas avec la lutte.

Lu sur Le Quotidien, APS, Senenews

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