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Cameroun - Les voleurs frappent désormais dans les églises

En allant rendre grâce au Seigneur, ce dimanche matin, Florence ne se doutait certainement pas de ce qu’il lui arriverait.

Alors qu’elle assiste à une messe dans une église de Yaoundé, la capitale du Cameroun, elle se dirige vers le prêtre catholique pour recevoir la communion. De retour à son banc, le sac à main qu’elle avait posé là, en toute confiance, avait disparu. C’est le quotidien Le Jour qui raconte cette anecdote, dans un reportage qu’il consacre à un phénomène qui prend de l’ampleur dans les grandes villes camerounaises: le vol dans les églises.

Selon Le Jour, ce n’est plus seulement dans la rue que l’on risque de se faire détrousser les poches ni dans les transports en commun. Les voleurs opèrent dorénavant dans la «maison de Dieu».

Et pour cause. Au Cameroun, les jours de messe sont les jours où chacun sort ses plus belles toilettes, et où les femmes mettent un peu d’argent dans le sac pour faire des offrandes.

Comme l’écrit le journal, «les voleurs, s’en donnent à cœur joie. Tout y passe: téléphones portables, sacs à main, portefeuilles, même des recueils de cantiques».

Invité par le quotidien camerounais à témoigner sur cet étrange phénomène, l’aumônier de la paroisse Marie-Gocker, où va prier l’élite bourgeoise protestante de la capitale, raconte, dépité:  

«Parfois, à la sortie du culte, on découvre que la portière de la voiture d’un fidèle a été forcée et l’auto-radio emporté. Les voleurs opèrent surtout pendant le culte. Le moment de la prière est le plus indiqué, car les fidèles ont les yeux fermés.»

Seulement, apprend-on aussi dans ce reportage, les effets personnels des fidèles ne sont pas les seules cibles. Les objets des lieux de culte sont aussi dérobés, comme des calices, des crucifix en cuivre ou en or, du matériel de sonorisation, des pianos…

Même les objets mortuaires ne sont pas épargnés. Le quotidien Le Jour fait savoir qu’à la cathédrale Notre-Dame des Victoires de Yaoundé, «les gerbes de fleurs disparaissent régulièrement de la tombe de Mgr André Wouking (un ancien archevêque de la ville, décédé en 2002, ndlr).»

Du coup, des mesures de sécurité ont été prises. Des policiers en civil se mêlent désormais à la foule des fidèles. Mais, le recteur de la cathédrale fait tout de même un dernier sermon à ses ouailles, conclut le quotidien Le Jour:

«Il faut éviter de laisser traîner ses affaires ou de faire confiance à n’importe qui, s’habiller simplement et prendre une somme d’argent suffisante pour venir à la messe.»

Sauf que le journal ne dit pas si l’homme d'Eglise a conseillé combien il faut prendre avec soi, pour éviter de se faire voler.

Lu sur Le Jour

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