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Maroc - Les islamistes ne sont plus des «anti-TGV»

C’est un fait, les hommes politiques qui accèdent au pouvoir deviennent souvent oublieux de leurs engagements passés.

Au Maroc, un des thèmes de campagne du Parti de la justice et du développement (PJD), la formation islamiste qui dirige le gouvernement depuis 100 jours, était de remiser le projet pharaonique voulu par le roi de doter le royaume d’un train à grande vitesse (TGV).

Ils avaient, à l’instar d’autres opposants, mobilisé leurs experts pour critiquer son coût onéreux, les conditions de l’attribution du marché au français Alstom et sa viabilité économique pour un pays qui végète encore en queue des classements mondiaux en termes de développement humain.

«Avant son accession au pouvoir, en novembre dernier, le Parti justice et développement (PJD, islamo-conservateur) était très circonspect à l'égard du TGV. Certains de ses membres avaient même ouvertement pris position, pendant la campagne électorale, pour l'abandon du projet» souligne L’Express.

Aujourd’hui, leur discours a radicalement changé.

«Le Maroc qui est devenu, depuis le siècle dernier, un énorme chantier socio-économique, a lancé d'importants projets, notamment la politique des barrages entamée dans les années 60, le programme de construction d'autoroutes et la privatisation d'entreprises publiques durant les années 80 et 90», a indiqué Rabbah à l’agence officielle MAP soulignant que tous ces projets avaient fait l'objet de campagnes de critiques, avant de devenir une source de fierté pour l'ensemble des parties et acteurs.

«Le même scénario est en train d'être vécu avec le projet de la LGV» [ligne à grande vitesse, ndlr], a-t-il relevé.

Les «anti-TGV» ne désarment pas pour autant rapporte L’Express qui donne la parole à l’Association Capdema, un mouvement de jeunes étudiants des grandes écoles françaises qui milite pour une meilleure gouvernance du pays et qui a décortiqué le projet et appelé à une mobilisation pour sa réalisation

«Où sont les emplois qualifiés promis? En réalité, il n'y a aucun transfert de technologies! Les rames ne seront pas faites par des Marocains. On sera toujours obligé d'acheter à l'étranger», dénonce Karim el-Hajjaji, président de Capdema.

Lu sur L’Express

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