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Nicolas Sarkozy et ses homologues d'Afrique de l'ouest et du centre, Elysée, 13 juillet 2010 AFP PHOTO/Rémy de la Mauvinière
Nicolas Sarkozy et ses homologues d'Afrique de l'ouest et du centre, Elysée, 13 juillet 2010 AFP PHOTO/Rémy de la Mauvinière

L’Afrique ne peut rester indifférente à la présidentielle

Puissants et gens ordinaires du continent suivent l’élection présidentielle française de loin, mais non sans intérêt. Sur biens des plans, elle pourrait changer la donne.

Mise à jour du 22 avril: Le taux de participation au premier tour de l'élection présidentielle française s'élevait à 17heures à 70,59%, selon des chiffres communiqués par le ministère français de l'Intérieur.

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La campagne présidentielle française va bientôt rendre son dernier souffle. A l’issue d’une fiévreuse course à l’échalote, on connaitra, dans peu de temps, le candidat qui aura paru le mieux capable d’incarner les aspirations des Français et de mériter leur confiance. Qui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande, les deux poids lourds et grands favoris du scrutin, sera hissé sur les plus hautes cimes de l’Etat français?

Car, sauf grande surprise, à l’image de la bérézina du candidat socialiste Lionel Jospin à l’élection de 2002, on s’attend à un second tour, à un duel Sarkozy/Hollande. L’agitation électorale française est, bien sûr, suivie de très près par l’Afrique en général et sa sphère francophone en particulier, autrement dit, ses ex-colonies.

Intérêt idéologique

Car, selon que le nouveau chef de l’Etat français sera Sarkozy ou Hollande, l’élection du 22 avril poussera certainement les têtes couronnées du continent noir à tenir compte de la nouvelle donne et peut-être à reconsidérer leurs ambitions. C’est dire si cette élection est intéressante à plus d’un titre.

Elle l’est d’autant qu’elle met en confrontation deux idéologies incarnées par deux candidats, lesquelles se transposent sur le terrain politique africain où socialistes et libéraux ne manquent pas de se combattre.

L’empressement du nouveau président sénégalais à rencontrer son ami libéral français, n’est, on le sait, pas fortuit. Idéologiquement proche de ce dernier, Macky Sall avait en effet conscience qu’il fallait agir vite pour espérer bénéficier rapidement des largesses de la France pour renflouer au plus vite les caisses vides de l’Etat sénégalais.

Il fallait agir pendant qu’il était encore temps, le risque que l’Elysée ne change de locataire, étant bien réel. Au-delà de l’exemple sénégalais, il faut dire que c’est toute l’Afrique qui a de bonnes raisons de porter un regard intéressé sur l’actualité politique française. Notamment parce que sur la scène diplomatique internationale, l’Hexagone pèse lourd.

Grande pourvoyeuse de fonds, deuxième puissance économique de l’Europe, membre du club très fermé des détenteurs du droit de véto au monde, la France a pu, de temps à autre, faire bouger les lignes dans le bon sens, dans celui du bien.

La France compte encore pour les Africains

Et ce, parfois, pour le bonheur de peuples africains et au détriment de quelques ténébreux satrapes. Bien sûr, tout est d’abord et avant tout lié à la personnalité et aux réseaux d’amitiés de celui sur qui les Français porteront leur choix. François Hollande aurait-il par exemple eu la même attitude que Nicolas Sarkozy face à la crise libyenne ou ivoirienne? En tout état de cause, qui sera finalement choisi par les Français qui, après tout, sont seuls maîtres de leur destin? Autant d’interrogations qui ne manquent pas de susciter un intérêt pour le continent.

Reste qu’il faut garder les pieds sur terre. Car quelle que soit l’identité du prochain locataire de l’Elysée, ce sera la continuité et ce n’est pas Sarkozy qui dira le contraire, lui qui avait promis la rupture et dont on n’a jamais vu la moindre couleur. Dès lors que les intérêts de la France sont en jeu, gauche ou droite, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

Evidemment, les socialistes africains de tout bord, qui appellent de leurs vœux, l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, tiendraient un tout autre langage. Parmi eux, on en connait particulièrement un dont le désir ardent serait de voir Nicholas Sarkozy débarrasser le plancher: l’ex-président ivoirien Laurent Koudou Gbagbo, reclus à la Cour pénale internationale. Reste à savoir si l’arrivée de Hollande à l’Elysée changera quelque chose au sort du Christ de Mama.

Le Pays 

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