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Maroc - Des oulémas payés par le trafic de cannabis?

Les oulémas au Maroc sont-ils payés par l’argent du cannabis?

C’est ce que pense et dénonce un député marocain. Larbi Lamharchi, membre du Parti Authenticité et Modernité (PAM), l’a affirmé avec fracas, rapporte les Echos.

Le quotidien ne prend pas l’affaire à la lègère et lui consacre un édito intitulé «Gravissime» .

Car le député en question a fait ses déclarations lors d’un débat de la commission des Finances de la Chambre des conseillers.

Il a accusé le ministère des Habous et des Affaires Islamiques «d’avoir loué plus de 550 ha des terrains habous [propriété foncière régie par le droit musulman, ndlr], dans la région de Ouezzane [dans le nord-ouest du Maroc, ndlr] à des agriculteurs spécialisés dans la culture du cannabis. Rien que ça !»

D’après le député, l’affaire n’est pas inconnue des autorités:

«l’ancien ministre de l’Intérieur avait ordonné une enquête et la gendarmerie avait saisi le procureur du roi sur ces faits avérés, preuve à l’appui, alors que les agriculteurs concernés continuaient leur activité illicite, sans être inquiétés!».

Devant de telles révélations retentissantes, les Echos s’interrogent sur l’absence de suivi au niveau des autorités concernées.

Dans tous les cas, le journal est convaincu qu’il s’agit la d'«une bombe», d’un «gros pavé dans la mare» qui éclabousse le ministère des Affaires Islamiques.

«Faut-il rappeler que l’image du pays est suffisamment ternie sur le plan international, à propos de la lutte anti-drogue, pour permettre à un ministère et non des moindres, de "se mouiller" dans cette sale affaire?», s’inquiète l’éditorialiste.

«Ce n’est d'ailleurs pas que l’affaire du ministère des Habous mais celle de l’ensemble du cabinet du Premier ministre Benkirane. Ce dernier n’a pas droit à une quelconque passivité, face à ce genre de dossier.»

Reste que pour le moment, observe E-Marrakech, le ministère des Habous et des Affaires Islamiques et son ministre Ahmed Taoufik n'ont «pas encore réagi à ces accusations franches du député du parti du tracteur», en référence à son logo.

Lu sur Les Echos, E-Marrakech

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