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Niger: dix ONG demandent la libération d'activistes détenus depuis mars

Dix réseaux d'organisations non-gouvernementales internationales, dont Amnesty International et Oxfam, ont demandé vendredi au Niger la libération et l'abandon des poursuites contre 26 militants de la société civile détenus depuis mars après une manifestation interdite qui avait dégénéré à Niamey.

"Oxfam, Amnesty International et huit réseaux et organisations internationales non gouvernementales demandent au gouvernement du Niger d'apaiser la situation en libérant les détenus et en mettant fin aux poursuites à leurs égards", indique un communiqué conjoint de ces ONG publié sur leur site.

Cette situation des acteurs de la société civile nigérienne "inquiète profondément les organisations internationales de défense des droits humains et de développement", a déclaré Adama Coulibaly, directeur régional d'Oxfam en Afrique de l'Ouest cité dans le communiqué.

La majorité des 26 détenus, dont des figures de la société civile, avaient été arrêtés le 25 mars après des heurts à Niamey entre les forces de l'ordre et des manifestants qui voulaient braver l'interdiction par les autorités d'une manifestation contre la loi de finances 2018 qu'ils jugent "antisociale".

Les 26 sont poursuivis notamment pour "organisation et participation à une marche interdite" et "complicité de dégradations de biens publics et privés", selon leur avocats.

Le 11 mai, leurs avocats ont dénoncé la lenteur dans le processus judiciaire et ont annoncé avoir déposé au parquet "une plainte contre X pour détention arbitraire" de leurs clients. 

Tous les prévenus ont finalement été entendus entre le 14 et 17 mai par un juge d'instruction en présence des avocats.

Depuis octobre 2017 et la préparation du budget 2018, un collectif de la société civile, l'opposition politique et quelques syndicats organisent régulièrement des manifestations pour demander "l'abrogation" de la loi de finances qu'ils jugent "antisociale". 

Les protestataires reprochent au gouvernement d'avoir créé de nouvelles taxes et de nouveaux impôts et surtout d'avoir "accordé des cadeaux fiscaux d'une vingtaine de milliards de francs CFA" (une trentaine de millions d'euros) aux compagnies de téléphonie.

En avril, le président du Niger Mahamadou Issoufou avait estimé que la loi de finances "répond aux aspirations du peuple nigérien" et que sa contestation par "une minorité", doit "s'exercer dans le cadre des lois en vigueur".

La fronde contre le budget s'est estompée à travers le pays depuis l'arrestation de ses principaux meneurs.

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