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Troubles au Cameroun anglophone: l'ambassadeur des Etats-Unis convoqué

L'ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun a été convoqué mardi au ministère des Affaires étrangères à Yaoundé après avoir dénoncé des exactions dans les zones anglophones du pays, a appris mercredi l'AFP de sources gouvernementale et diplomatique.

La teneur des entretiens entre l'ambassadeur, Peter Henry Barlerin,et le ministre des Affaires étrangères, Lejeune Mbella Mbella, n'a pas été révélée.

Le diplomate américain avait affirmé vendredi dans un communiqué qu'"il y a eu des assassinats ciblés (...) et des incendies (ainsi que) des pillages de villages" dans les régions anglophones, commises par les forces gouvernementales.

Dans le même communiqué, diffusé à la suite d'un entretien jeudi entre l'ambassadeur et le président camerounais Paul Biya, les Etats-Unis accusaient également les séparatistes armés de "meurtres de gendarmes, enlèvements de fonctionnaires et incendies d'écoles".

"Toute la nation camerounaise fait l'objet d'une agression violente de la part d'une minorité violente et extrémiste. (...) On ne peut pas mettre sur le même plan la victime et son bourreau", avait réagi à l'AFP samedi le porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary.

C'était la première fois qu'une chancellerie occidentale affirmait ouvertement que des exactions ont été commises par les deux camps  dans ce conflit qui oppose depuis fin 2017 l'armée camerounaise à des sécessionnistes armés réclamant l'indépendance des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

En février, l'Union européenne avait appelé l'armée à un "usage proportionné de la force".

Les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises et les hommes se réclamant de "forces de restauration" d'un Etat anglophone qui avait brièvement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.

D'abord cantonnés aux attaques contre les symboles de l'Etat (commissariat, gendarmerie), les séparatistes ont commencé début 2018 à kidnapper des fonctionnaires et des francophones et à s'en prendre aux entreprises étrangères qu'ils accusent de soutenir Yaoundé. De nombreuses écoles ont aussi été brûlées.

Le gouvernement central a répondu par un important déploiement de forces de sécurité dans les deux régions anglophones sur les 10 que compte le pays.

Quelque 160.000 personnes ont dû fuir leur logement à la suite des violences, selon l'ONU, et 34.000 se sont réfugiées au Nigeria, selon l'agence nigériane de gestion des urgences (Sema).

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