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Maroc - Le voile interdit au lycée français de Rabat

La nouvelle fait le buzz sur Twitter: Yasmina, une jeune étudiante marocaine en terminale qui a décidé de porter le hijab il y a quatre mois s’inscrit avec une camarade de classe au concours des classes préparatoires en économie (communément, prépas-HEC) au Lycée français Descartes de Rabat.

Sa candidature ainsi que celle de son amie est acceptée sur dossier. Elle se met alors a préparer le concours qui lui ouvrira, pense t-elle, les portes des plus grandes écoles françaises. Qu’elle ne fut pas sa surprise d’apprendre, quelques jours seulement avant le concours (qui s’est tenu le mercredi 11 avril 2012) que son voile, à moins qu’elle n’y renonce, l’empêchera de passer l’épreuve.

Mamfakinch, la plateforme communautaire sur internet qui soutient les actions du Mouvement du 20 Février a contacté Yasmina pour lui demander «sa version de l’histoire et s’enquérir de son état d’esprit» :

«Beaucoup dans mon entourage m’ont prévenu que je ne pourrai pas passer le concours avec mon voile. Quelques jours avant l’épreuve mon amie est partie se renseigner auprès du lycée. Une responsable lui confia "bini ou binek (entre nous) on te refusera l’accès au concours"», a déclaré Yasmina.

«Je ne comprends pas que l’on applique la loi française sur le sol d’un pays à priori islamique» ajoute la jeune lycéene qui considère que «le voile est une obligation religieuse».

Meryem Kechoun, responsable de l’accueil au Lycée Descartes a répondu à Mamfakinch: «Conformément aux lois françaises appliquées dans l’établissement» il ajoute que «le port du voile islamique est interdit pour les élèves comme pour les enseignants. C’est le cas depuis Jules Ferry» 

Et de préciser:

«Il ne s’agit pas là d’un parti pris de la France vis à vis de la religion musulmane. Nous appliquons la même règle dans tous nos établissements a travers le monde.»

Vu du Maroc, l’interdiction du port du voile (intégral ou pas) est plutôt considéré comme caractéristique d’une islamophobie rampante en Occident. Un micro-trottoir de RFI à Casablanca l’illustre, tout comme la presse marocaine qui réagissait à l’annonce en 2003 de son bannissement en France par Jacques Chirac.  

«J’assimile cette loi à du racisme. C’est une injustice; une "non-démocratie". Une démocratie est censée respecter toutes les croyances. Tant que je ne viole pas la liberté des autres je devrais avoir le droit de porter mon voile», conclut Yasmina à Mamfakinch.

Lu sur Mamfakinch

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