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Tunisie - Le beau-frère de Ben Ali qui demande pardon

«Je ne sais par où commencer; mais je ne pense maintenant qu’à présenter mes excuses pour tous ceux à qui le nom que je porte a causé de mal et d’injustice, volontairement ou involontairement, parce que je suis Tunisien.»

L’auteur de cette lettre porte un patronyme tristement célèbre pour tous les Tunisiens.

Belhassen Trabelsi, est le frère de Leïla Ben Ali, épouse du dictateur tunisien déchu. Le clan Trabelsi-Ben Ali était celui d’un pouvoir despotique familial. A ce titre, il est honni par tous les Tunisiens qui ont chassé le dictateur et sa famille le 14 janvier 2011. Belhassen, le beau-frère, avait lui pris la fuite au Canada.

L’Agence Tunisie Afrique Presse (TAP) a obtenu une copie de la lettre signée par Belhassen Trabelsi par l’intermédiaire de son avocat Mr Mohamed Hédi Lakhoua. Une lettre en arabe dont Kapitalis publie une version traduite en français.

Belhassen Trabelsi est accusé par une partie de l'opinion publique d'avoir fait main basse sur l’économie tunisienne et fut condamné en septembre dernier par la justice tunisienne à 15 ans de prison par contumace.

Aujourd’hui, Belhassen se dit prêt à rentrer en Tunisie et «à affronter toute instance judiciaire, structure de justice transitionnelle ou autre organisme, choisi par le peuple et approuvé par le gouvernement pour "interrogatoire et reddition de comptes"».

Trabelsi fait profil bas:

«Je voudrais seulement préciser que même si j’ai commis des erreurs volontairement ou involontairement, je suis prêt à rendre des comptes et à comparaître devant la justice, bien que je n’ai jamais eu l’intention de porter atteinte à mon pays ou à son peuple.»

Cela dit, il estime que beaucoup de monde, et en particulier les médias, l’accusent de tous les maux à tort et à travers.

«Je sais que certains médias m’ont décrit sous le pire des visages, de manière délibérée ou non, et ont fait de moi le plus grand symbole de la corruption sous l’ancien régime, me prêtant ainsi les pratiques d’autres individus, alors que personne ne doit répondre pour les actes des autres, et en mon absence, on a raconté les histoires à mon propos qui dépassent l’imagination, affirmant que j’ai pillé les richesses du pays.»

«En vérité, je ne suis qu’un citoyen tunisien issu d’une famille modeste» assure-t-Belhassen Trabelsi.

Un  citoyen « lambda » qui ne peut pas non plus ignorer la haine que lui vouent de nombreux tunisiens:

«Je m’excuse d’avance, dans tous les cas et pour tous les actes, je demande pardon au peuple tunisien en toute sincérité et loyauté.»

Visiblement, la lettre d'excuses de Belhassen Trabelsi n'a pas ému le site tunisien Tixup: «Bref, encore un membre de la belle famille de l’ancien président qui fait parler de lui»

Et d’ajouter:

«Après Leila Trabelsi qui sort prochainement “Sa vérité“, Zine El Abidine Ben Ali qui indique qu’il est innocent à travers son avocat Akram Azouri, Sakher El Materi qui adresse une lettre au peuple tunisien, c’est au tour de Belhassen Trabelsi de rompre son silence. Qui sera le prochain?»

Lu sur TAP, Kapitalis, Tixup

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