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Cameroun - Les «démarreurs» sexuels montent en flèche

Au Cameroun, comme partout ailleurs, l’occasion fait manifestement le larron. Profitant d’une grande fête dans un village près de Yaoundé, la capitale, un jeune homme d’une vingtaine d’années a trouvé le moyen de se faire du beurre:  

«Vendre à tous les hommes présents au festival une poudre miraculeuse censée leur stimuler leur appétit sexuel et augmenter leurs performances.»

C’est le quotidien camerounais Le Jour qui raconte, avec beaucoup d’humour, cette histoire insolite.

«Accroupi devant un seau en plastique transparent, et à l’aide d’une cuillère à soupe, il ramasse une poudre de couleur rouge qu’il sert sur des feuilles de jonc et dans les paumes de mains tendues vers lui», décrit le reporter du Jour.

La poudre que propose le jeune homme serait un aphrodisiaque, ce que tout le monde au Cameroun appelle «démarreur»; une manière de faire allusion au «démarrage» instantané de l’activité sexuelle, une sorte de «Viagra naturel».

Le quotidien Le Jour note cependant que si le vendeur de poudre attire une clientèle nombreuse, il est peu enclin à donner la recette de son produit.

Le Jour mentionne même, parmi la foule qui entoure le vendeur, un homme de 72 ans, venu se ravitailler de ce produit «pour 500 francs (moins d’un euro)».

«Le vieillard susurre que c’est grâce à cette poudre qu’il peut encore, à son âge avancé, satisfaire sexuellement sa femme», peut-on encore lire.

Cette histoire illustre un phénomène qui prend de l’ampleur ces dernières semaines dans les principales villes du Cameroun. A Douala, la métropole économique et à Yaoundé, la capitale du pays, les aphrodisiaques font un tabac, indique le quotidien pro-gouvernemental Cameroon Tribune.

Le journal propose, lui aussi, un reportage à travers les supérettes et pharmacies de Yaoundé, où les clients se ruent dans les rayons à la recherche d’un «thé magique». Chose étrange, indique Cameroon Tribune, personne ne connaît la provenance de ce thé, mais tout le monde vante ses supposées vertus aphrodisiaques.  

«Ce thé a beaucoup de succès. C’est notre meilleure vente depuis trois mois que nous le recevons. Son stock est toujours le premier à être épuisé au rayon tisanes», confie un vendeur.

Il faut pourtant débourser une somme considérable pour se procurer ce fameux thé: 5.000 F CFA (7,62 euros). Alors ceux qui le peuvent n’hésitent pas.  

«Nos clients sont des hommes et des femmes. Beaucoup de femmes achètent pour leur mari», explique un vendeur rencontré par la journaliste de Cameroon Tribune.

Les moins fortunés, quant à eux, se rabattent sur les petites vendeuses ambulantes peules, les «bororos», comme on les appelle sur place, raconte le site Jetcamer. Elles promettent des résultats divers:

«Il y en a pour rétrécir le sexe de la femme et un autre pour donner du volume à celui de l’homme», explique l’une de ces vendeuses.

Lu sur Le Jour, Cameroon Tribune, Jetcamer

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