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Maroc - Qui veut la peau de Lhaqed, le rappeur anti-royaliste? (VIDEO)

Le rappeur marocain Mouad Belghouat, alias Lhaqed («L’enragé»), n’a pas bénéficié de liberté provisoire et subirait des brimades en prison.

Le jeune homme a été arrêté le 29 mars, après une plainte de la Direction générale de la sûreté nationale l’accusant de porter atteinte à l’image de la police. Le procès a été reporté au 16 avril.

La police accuse le rappeur d’avoir posté une chanson sur Internet avec des photos portant atteinte à la réputation des policiers (un photomontage montre un policier dont la tête a été remplacée par celle d’un âne). Selon ses avocats, Lhaqed reconnaît avoir chanté la chanson, mais il affirme que le montage de photos qui accompagne une vidéo posté sur Youtube provient d’un internaute anonyme.

La vidéo avait subitement disparu de Youtube avant d’être postée sous différents intitulés. Visionné des dizaines de milliers de fois, ce montage d’images a valu au désormais célèbre rappeur Mouad Lhaqed d’être de nouveau renvoyé en prison.


D’autres versions mettent en avant les prises de position toujours irréductibles du rappeur qui avait déclaré à l’AFP lors de sa sortie de prison qu’il «n’y aura aucun retour en arrière. Vive le peuple. Grâce au rap, je suis engagé pour le peuple et pour ses problèmes. Nos revendications sont énormes».

Et d’ajouter:

«Il faut redistribuer les cartes, il y a trop d’injustices. Ils ont amené un nouveau gouvernement, mais les voleurs continuent de bénéficier de l’impunité. Il faut en finir avec toute cette racaille».

«Dans la chanson, Mouad accuse certains policiers de corruption, ce n’est pas un scoop, tout le monde le dit et les organisations internationales le confirment», a expliqué Larbi Chentoufi, avocat de la défense cité par l’agence AP.

«Il s’agit d’un procès politique. Lhaqed est devant les juges pour ses opinions», a-t-il estimé.

Des dizaines de militants se sont rassemblés au tribunal après le procès pour demander sa libération. La police les a dispersés à coups de matraque.

Vox Maroc a appris de plusieurs sources à l'intérieur de la prison d'Oukacha (Casablanca) que «le rappeur fait actuellement l'objet d'une vengeance en règle de la part de l'administration pénitentiaire. Celle-ci lui a manifesté sa volonté de "le briser" suite aux propos qu'il a tenus après sa première incarcération, où il a dénoncé les conditions infâmes dans lesquelles il était maintenu en détention».

Toujours selon VoxMaroc«Lhaqed a d'abord été mis sous écrou dans le bâtiment 3 de la prison d'Oukacha, où il partageait sa cellule avec 35 autres détenus. Quatre jours plus tard, il a été transféré dans le bâtiment 6 où il a été mis en cellule avec deux détenus, particulièrement hostiles, sélectionnés par la hiérarchie de la prison pour mener la vie dure au rappeur. Tout autre prisonnier qui tente de s'approcher de la cellule fait l'objet de remontrances de la part du chef de bâtiment»

Il s’agit de la deuxième arrestation de ce rappeur marocain, membre du Mouvement du 20 février, qui manifeste pour des réformes politiques profondes au Maroc depuis le début du Printemps arabe.

Condamné à quatre mois de prison pour «agression avec coups et blessures contre un manifestant pro-régime», il a été libéré le 12 janvier dernier après une grande mobilisation nationale et internationale.

Lu sur VoxMaroc, AP, AFP

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