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Maroc - Une vedette transexuelle interdite à la télévision

«La télévision marocaine n’aime pas beaucoup les transsexuels» constate Demain Online.

Mannequin, danseuse, chanteuse et actrice, Noor, célèbre transexuel marocain est devenue ces dernières années une star internationale de danse orientale, courtisée aussi bien dans son pays où elle cotoie la bonne société marocaine et les officiels qu’à travers le monde lors de galas et fêtes privées.

Née homme en 1970 à Agadir, elle a choisi de devenir femme, avant d’être la coqueluche de la jet-set. Mais les islamistes qui veulent imposer un rigorisme religieux sans faille à la société  et surtout aux médias ne l’entendent pas de cette oreille.

La série télévisée «Al Gharib» (L’étranger), diffusée deux fois par semaine sur «Al Oula», la première chaîne publique «a été remaniée, ou franchement tronçonnée» d’après Demain.

«Cette série, qui a nécessité un an et demi de tournage et trois ans de postproduction, a été épurée de son 27ème épisode (…) Ce sont des ordres venus de très haut qui ont obligé la chaîne à supprimer cet épisode» a déclaré une source officielle à Demain sans donner plus de détails sur l’origine de la censure.

Les séquences de cet épisode où Noor apparait ont été expurgés. Son nom a été supprimé du générique et toute référence au transsexuel dans la série a été éliminée avec l’accord de la production.

Dans son enfance, «malgré les remontrances familiales, Noor s’obstine parfois, se rebelle souvent, et s’affirme, déjà. Coquette, elle se sert dans la garde-robe maternelle : fichus, soutien-gorge, maquillage... tout y passe» écrivait il y a quelques années, le magazine TelQuel qui lui consacrait un long portrait

D’abord athlète de haut niveau, elle s’est détournée du sport pour embrasser une carrière d’artiste hors-norme dans un pays musulman. Dans la rue, Noor est une femme. Grande, belle, artiste jusqu’au bout des hauts talons qui portent son corps. Dans le civil, Noor s’appelle toujours Noureddine.

«Ne me parlez pas de mon passé, il n’existe plus, c’est fini, c’était une autre vie», répète à l’envi l’artiste qui a souvent fait la Une des magazines branchés du Maroc.

Dans les années 90, elle a subi une intervention chirurgicale en Suisse, pour parfaire sa transformation (physique) en femme.

«Mais je ne suis pas un objet sexuel, je suis simplement une femme, le reste ne regarde personne» déclarait-elle aux médias.

En 2001, Noor fait ses débuts dans le cinéma, avec une brève apparition dans «Une minute de soleil en moins», un film du jeune cinéaste Nabyl Ayouch qui a subi les foudres de la censure. La même année, elle débarque aussi sur le petit écran: la chaîne culturelle Arte lui dédie un reportage. Noor, qui a souvent répété être en contact avec Pedro Almodovar ou Roman Polanski fait de nombreuses apparitions à la télévision et devient une star internationale.

En 2009, Noor avait été l’invitée vedette de la chaîne tunisienne Nessma TV lors d’un talk-show. Elle avait battu des records d’audience en participant à la Star Academy Maghreb produite par la même chaîne.

Lu sur Demain Online

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