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Libye - Kadhafi avait-il recruté des mercenaires de l'ex-URSS?

Des mercenaires venant de l’ex-URSS ont-ils prêté main forte au colonel Kadhafi contre les rebelles libyens appuyés par l’Otan?

Six mois après l’élimination de l'ex-Guide libyen en octobre 2011, des ressortissants de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) risquent leur vie devant la justice libyenne. Ils sont 24: vingt Ukrainiens, deux Biélorusses et deux Russes, précise le journal moscovite Kommersant.

Devant un tribunal militaire, ils ont été accusés le 9 avril de collaboration avec le régime de Kadhafi et sont passibles de la peine de mort. Certains sont accusés d’avoir voulu tuer des pilotes de l’Otan. Leurs conditions de détention en Libye sont difficiles et l'état de santé de certains se dégrade.

Les accusés affirment être arrivés à l’été 2011 en Libye pour travailler sur des puits pétroliers. Mais peu après, assurent-ils, ils ont été forcés par des troupes loyalistes libyennes de s’occuper d'armement sur une base militaire près de Tripoli, rapporte Kommersant.

«Ils nient les accusations de préparation de lance-missiles sol-air pour détruire des avions de la force d’intervention dirigée par l’Otan pour protéger les civils», écrit la BBC de Londres.

Le ministère russe des Affaires étrangères dit suivre de près le dossier des détenus de Libye auprès des autorités du pays, le tout en partenariat avec ses homologues biélorusses et ukrainiens

Pour sa part, Minsk montre plus de retenue et insiste sur le fait que ses ressortissants sont venus à des fins civiles, observe Kommersant.

La diplomatie ukrainienne a, quant à elle, obtenu quelques avancées avec la libération en mars dernier d’un homme et d’une femme. Mais le problème n’est pas résolu.

«Quand 20 hommes viennent au cœur d’affrontements armés dans un pays en guerre, des questions se posent. Surtout si tous ont une longue expérience dans l’armée et une instruction militaire», reconnaît Oleg Volochine, un responsable ukrainien des Affaires étrangères.

Mais il se montre ferme.

«Nous ne laisserons pas l’affaire se transformer en procès Bout» affirme-t-il en référence au destin de Viktor Bout, citoyen russe lourdement condamné aux Etats-Unis et surnommé «le marchand de mort» pour trafic international d’armes.

Lu sur Kommersant, BBC News

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