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Yahya Jammeh, la bête noire des homosexuels gambiens

La Gambie, pays réputé pour la chasse que son président, Yahya Jammeh, fait contre les homosexuels, fait de nouveau du bruit. Et sur le Net, la nouvelle fait le buzz. Quinze personnes ont été inculpées le 10 avril, pour «pratiques indécentes», fait savoir le portail d’information sénégalais Rewmi.

Interpellées le 9 avril dans un bar de Banjul, la capitale gambienne, très fréquenté par des touristes, ces personnes, quatorze Gambiens et un Sénégalais, sont soupçonnées d’être des homosexuels, ajoute Rewmi.

Seulement, ajoute l’AFP, les mobiles de leur arrestation ne semblent pas tout à fait claires. Un climat de terreur pèse sur les gays en Gambie où le seul soupçon d’homosexualité suffit à vous conduire en prison. 

«Ils sont soupçonnés d'homosexualité ou de faire la promotion des pratiques homosexuelles», affirme-t-on de sources policières citées par l'AFP.

Ces personnes risquent 14 ans de prison. C’est ce que prévoit la législation gambienne en la matière. Une législation qui tend d’ailleurs à se durcir, fait d’ailleurs savoir le site d’information LGBT (Lesbien, gay, bisexuel et transsexuel) sud-africain MambaOnline. Et le site de revenir sur des récents propos du président gambien Yahya Jammeh, qui déclarait en février dernier que l’homosexualité était une «abomination»:

«Cela n’existe ni dans la Bible ni dans le Coran. C’est un péché. Je vous le dis, parce que cette nouvelle vague qui tend à imposer l’homosexualité ne sera jamais acceptée dans ce pays», déclarait alors Yahya Jammeh.

Et à ce propos, l’AFP rappelle que le même Yahya Jammeh, au pouvoir en Gambie depuis 1996, avait donné, en 2008, un ultimatum de 24 heures à tous les gays pour quitter le pays, au risque de se faire couper la tête.

Ce discours n’a jamais été infléchi, comme on peut le voir avec ces nouvelles arrestations, et ceci, malgré les nombreux appels de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme.

Réponse cinglante du président gambien:

«Nous savons ce que sont les droits de l'Homme. Les êtres humains du même sexe ne peuvent pas se marier ou sortir ensemble. Si vous pensez que détruire notre culture relève des droits de l'Homme, vous faites une grossière erreur parce que si vous êtes en Gambie, vous êtes au mauvais endroit.»

Dont acte! 

Lu sur Mambaonline, Rewmi, AFP

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