mis à jour le

Burundi: des opposants en exil réclament "des sanctions" contre le régime

Des membres de la société civile burundaise en exil ont enjoint mardi à la communauté internationale de "prendre des sanctions" à l'encontre du régime de Bujumbura pour l'amener à négocier une issue à la violente crise politique qui fracture le pays.

"Prenez des sanctions, un embargo. Passez à l'acte et ne faites pas seulement des déclarations", a lancé le défenseur des droits de l'Homme Pierre Claver Mbonimpa, à l'intention de la communauté internationale.

Réfugié depuis 2015 en Belgique, après une tentative d'assassinat, M. Mbonimpa s'est exprimé lors d'une conférence de presse organisée à Paris par la Fédération internationale des droits de l'Homme (FDH) à deux jours d'un scrutin-clé pour le Burundi.

Après trois ans d'une crise ayant fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés, les Burundais doivent se prononcer jeudi par référendum sur une réforme de la Constitution qui permettrait au président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, de rester en place jusqu'en 2034.

La FIDH a dénoncé dans un rapport mardi "une campagne de terreur pour contraindre les Burundais(es) à voter oui" à ce référendum, avec des meurtres, passages à tabac ou arrestations arbitraires d'opposants présumés.

"Ce référendum va enterrer l'accord d'Arusha qui avait ramené la paix et la réconciliation des Burundais", a déploré M. Mbonimpa. Signé en 2000, cet accord visait à assurer l'équilibre le pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi, et stipulait notamment qu'un président ne pouvait pas se maintenir plus de 10 ans au pouvoir.

"Si on déclare que le oui a gagné, cela pourrait déclencher des soulèvements", a mis en garde M. Mbonimpa. "Nous pourrions revenir aux années où nous avons connu des guerres civiles", qui ont fait plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006.

"Il faut qu'il y ait des sanctions pour amener Pierre Nkurunziza à négocier", a renchéri à ses côtés Elyse Ngabire, ancienne journaliste du groupe Iwacu réfugiée depuis 2015 en France après avoir été victime de menaces.

"J'en veux aux Nations unies, ils ont laissé un boulevard à Pierre Nkurunziza, il a brigué (en 2015) un troisième mandat contre l'accord d'Arusha, contre la Constitution, contre toutes les lois du Burundi et ils l'ont laissé faire. Il a cru que tout lui était permis et maintenant voilà où on en est".

"Je m'inquiète pour l'avenir, on tend vers une situation de grande violence", a ajouté Mme Ngabire. "Tout ce qui se passe au Burundi au vu de la communauté internationale, des Nations unies, c'est une honte. Ces institutions n'existent que de nom".

AFP

Ses derniers articles: Togo: des policiers formés au maintien de l'ordre pour éviter les dérapages  Bénin: le parc de la Pendjari rouvre ses portes avec de nouvelles dispositions sécuritaires  En Algérie, la présidentielle tunisienne suscite l'espoir et motive... 

exil

AFP

Tunisie: décès en exil de l'ancien président Ben Ali, chassé par la rue en 2011

Tunisie: décès en exil de l'ancien président Ben Ali, chassé par la rue en 2011

AFP

RDC: la condamnation de l'opposant en exil Katumbi annulée (avocat)

RDC: la condamnation de l'opposant en exil Katumbi annulée (avocat)

AFP

Zak, militant politique et LGBT algérien, poursuit ses combats en exil en France

Zak, militant politique et LGBT algérien, poursuit ses combats en exil en France

opposants

AFP

Zimbabwe: la police disperse violemment des opposants

Zimbabwe: la police disperse violemment des opposants

AFP

Cameroun: 59 opposants torturés par les forces de sécurité, selon Amnesty

Cameroun: 59 opposants torturés par les forces de sécurité, selon Amnesty

AFP

Mutinerie au Cameroun: des opposants politiques "enlevés" de la prison de Yaoundé

Mutinerie au Cameroun: des opposants politiques "enlevés" de la prison de Yaoundé

régime

AFP

Au Burundi, l'ouverture en catimini d'un régime dos au mur

Au Burundi, l'ouverture en catimini d'un régime dos au mur

AFP

Au Zimbabwe, chasse aux sorcières contre ceux qui osent critiquer le régime

Au Zimbabwe, chasse aux sorcières contre ceux qui osent critiquer le régime

AFP

Sur les ruines de "Mount Carmel", ferme zimbabwéenne saisie par le régime Mugabe

Sur les ruines de "Mount Carmel", ferme zimbabwéenne saisie par le régime Mugabe