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Burkina Faso - Pourquoi les chiens ne font pas de vieux os

Ces dernier temps, la population canine en liberté à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, avait commencé à prendre des proportions inquiétantes. Du moins c’est ce qu’ont jugé les autorités sanitaires.

Les statistiques ne plaident pas pour nos amis les chiens. Selon le quotidien national Sidwaya, 500 cas de morsures de chiens sont rapportés chaque mois aux agents du service d’hygiène de la ville.

Le bilan de l’année 2011 est quant à lui préoccupant. En tout, plus de 5.000 cas ont été notés en 2011 s'alarme le journal.

Et rien que durant le premier trimestre 2012, 1.035 cas ont été relevés avec des cas de rage déclarés.

«La majorité des morsures se produisent sur la voie publique, alors que les victimes vaquent à leurs occupations ou ont juste eu le malheur de passer par là», explique le média burkinabè Fasozine.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les nombreux accidents de la circulation causés par ces animaux domestiques en divagation, raison supplémentaire de la mesure radicale décidée par la municipalité.

En effet, du 5 au 17 avri, se déroule une campagne d’abattage des chiens errants. A bord de véhicules, des équipes sillonnent les rues de la capitale à la recherche des molosses en divagation.

Dans un premier temps, le Sidwaya rappelle que la police municipale a procédé à une campagne de sensibilisation sur la nécessité de garder les animaux de compagnie dans les maisons. 

Après la sensibilisation, la répression donc. Au cours de la première journée, l’équipe chargée de l’opération a sillonné les rues du côté sud de la ville et abattu 26 chiens errants sans incident, «grâce à l’habileté des deux tireurs de l’équipe» se félicite le quotidien.

Il semble que la mesure est approuvée par les riverains qui encouragent les chasseurs aux cris de «Tuez-les tous!». Sauf… pour les propriétaires, qui s’empressent d’enfermer leurs chiens pour leur éviter le sort funeste qui leur est réservé.

Avec ironie, Fasozine explique que cette campagne fait le bonheur des amateurs de viande canine très intéressés par les carcasses d’animaux abattus.

«Il est arrivé que des gens bloquent le passage à notre véhicule demandant qu’on leur laisse quelques corps de chiens. Certains même vont plus loin et tentent de monter dans notre véhicule pour s’en servir. Ce qui nous oblige parfois à jeter deux ou trois corps pour faire diversion afin de nous créer un passage» confesse l’adjudant Bazié responsable de l’opération.

Si la plupart des cadavres ont été incinérés, les autorités ont tenu à faire preuve d’un peu de compassion dans ces abattages massifs. Les propriétaires qui désiraient récupérer leur animal, pouvaient le faire après avoir réglé une contravention.

Lu sur Sidwaya, Fasozine

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