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Fallait-il organiser l'élection de Mr Gay World en Afrique du Sud?

L’élection de Mister Gay World est terminée depuis le 8 avril au soir à Johannesburg, en Afrique du Sud, et l’on sait donc qui est désormais l’ambassadeur 2012 des droits des homosexuels dans le monde.

Maintenant que la fête est terminée, on peut se demander si les gays du continent africain n'ont pas un peu la gueule de bois. Non pas qu’ils seraient jaloux du très musculeux Allemand de 32 ans, Andreas Derleth, la nouvelle mascotte mondiale des homosexuels.

Mais bien parce que le fait que le concours se déroule sur le continent africain aura provoqué de nombreux dérapages, comme le souligne le magazine militant en ligne Queer South Africa.

Le concours, qui se tenait pour la première fois en Afrique, un continent dont la plupart des pays interdisent les relations entre personnes de même sexe, aurait pourtant pu être perçu comme un bon moyen d’attirer l’attention sur la défense des droits des homosexuels dans cette région, ajoute Queer South Africa.

Seulement, il a été vu comme «une provocation» pour nombre de «conservateurs». Tous les gays africains, en dehors des Sud-Africains blancs, qui ont participé au concours se sont littéralement fait agresser dans leurs pays respectifs.

Au Zimbabwe, par exemple, Taurai Zhanje, le candidat qui devait représenter le pays à Johannesburg a dû jeter l’éponge, relate l'AFP. La famille du jeune homme ayant subi de multiples intimidations. Au pays de Robert Mugabe, il vaut mieux en effet ne pas être homosexuel, indique ironiquement l’agence de presse en référence aux propos homophobes du président zimbabwéen «qui stigmatise régulièrement les gays en les jugeant “pires que porcs et les chiens”».

En Ethiopie, Robel Hailu, un étudiant installé en Afrique du Sud, s’est vu déshérité par sa famille après qu’une station de radio d’Addis Abeba a annoncé sa sélection pour le concours, ajoute AFP.

Le Namibien Wendelinus Hamutenya est quant à lui, devenu l’homosexuel le plus célèbre dans son pays. A la suite de sa participation aux préselections de Mister Gay World, il s’est fait tabasser et violer par deux individus. L’agression a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, avait rapporté The Namibian, peu avant la phase finale du concours.

Malgré toutes ces agressions, Queer South Africa pense qu’il était tout de même important que cette élection se déroule en terre africaine. En cela, le magazine rejoint les propos de Coenie Kukkuk, le directeur du concours:

«Il n'y a jamais de conversation, de discussion ou de débat sérieux sur la question (gay)... Maintenant, il y en a.»

Lu sur Queer South Africa, AFP, The Namibian

 

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