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La journaliste Caroline Fourest "démontée" par la presse tunisienne

L’article fait le buzz en ce moment sur le Web et dans la presse tunisienne. Il s’agit d’un article du quotidien français Le Monde, intitulé «La Tunisie des Lumières se bat» et signé de la chroniqueuse Caroline Fourest.  Le samedi 7 avril, le site d’information tunisien Mag14, surfe également sur la vague pour dénoncer les incohérences et les contradictions dont est truffé, selon lui, l’article du Monde.

Sur un ton caustique, Mag14 s’efforce de mettre en lumière la «méconnaissance» de la situation tunisienne par la journaliste du Monde «habituée des plateaux télé, spécialiste autoproclamée des questions de “l’extrémisme ”». Le site d’information relève surtout ce qui, pour lui, met en cause la crédibilité du journal. Il s’agit des toutes premières phrases de l’article de Caroline Fourest. Cette dernière écrit, par exemple:

«Sous Zine El-Abidine Ben Ali, on risquait gros si l'on critiquait le pouvoir temporel. Sous Moncef Marzouki et son parti, Ennahda, on risque gros si l'on critique la religion et si l'on tient tête à l'obscurantisme.»

Seul problème, réplique alors Mag14, c’est que le parti de Moncef Marzouki n’est pas Ennahda, mais bien le Congrès pour la République.  

«Un couac tonitruant pour un journal qui prétend donner des leçons», ajoute le site d’information tunisien.

Mais le démontage en flèche des «approximations» de Caroline Fourest ne s’arrête pas là. Parmi les contre-vérités relevées par la presse tunisienne, figure aussi cette belle «bourde»:

«Une jeune syndicaliste tunisienne est même devenue une icône nationale en décrochant le drapeau des salafistes pour restaurer celui de la Tunisie. Elle s'est fait copieusement tabasser par les intégristes.»

Or, précise Mag14, la jeune fille en question ne serait pas syndicaliste et n’aurait jamais été agressée. La presse tunisienne s’en donne donc à cœur joie pour démolir l’attitude de certains journaux français et cherche à comprendre ce qui justifie ce qu’elle considère comme des «élucubrations».

«Rien ne justifie donc ce dérapage journalistique, cette faute professionnelle de notre collègue française», conclut le magazine. Ce d’autant plus, ajoute-t-il que le fait de travailler dans un journal aussi prestigieux que Le Monde devrait être «un gage de sérieux».  A moins, s’interroge-t-il, que ce soit une volonté délibérée.

«Ce qui finira peut-être par inciter nos lecteurs, à ne plus prendre les articles publiés dans la presse française pour parole d’Evangile. Et encore moins pour du Coran.»

Lu sur Mag14

 

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