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Nigeria - Opération Fashion Week à Lagos

Londres, Paris, Milan... et maintenant Lagos (capitale économique du Nigeria); autant de places to be pour les stylistes.

Les créateurs africains d'aujourd'hui manquent de visibilité mais commencent à se faire un nom dans leur pays et sur la scène internationale, souligne le site de RFI. La Fashion Week du magazine Arise (émerger, en anglais), qui s'est tenue le week-end du 11 mars 2011 à Lagos, a donné l'occasion à 52 créateurs africains de montrer leur travail. Le magazine croit en eux et organise des évènements mode pour leur offrir un relais médiatique. Et ça marche.

L'Arise Fashion Week a été un franc succès, si l'on en croit les messages de remerciement tweetés par le magazine. Les créateurs «n'ont rien à envier aux grands noms de la haute-couture mondiale» sauf peut-être leurs méthodes de «marketing», observe RFI.

Les inspirations jonglent entre «tradition et modernité"» titre le quotidien américain Washington Post. D’un côté, les photos des reines tribales des années 1960 ont donné des idées à la Sierra Léonaise Mary-Ann Kai Kai pour sa marque Madam Wokie’s Couture.
De l’autre, le modèle pour la jeune génération de styliste (la majorité n'avait pas la trentaine selon RFI) c’est la nigériane Folake Folarin-Coker, dont la marque Tiffany Amber est internationalement reconnue. Elle a débuté en 1998 et est à ce jour la seule native du continent à avoir participé à deux reprises à la Fashion Week de New York aux Etats-Unis.

Son parcours inspire par exemple les soeurs Ayaan et Idyl Mohallim et leur marque Mataano, qui signifie «jumelles» en somalien. Exilées aux Etats-Unis depuis l'âge de neuf ans à cause de la guerre civile en Somalie, elles sont venues présenter leur dernière collection à Lagos.

L'Arise Fashion Week se veut un évènement de référence. Le créateur du magazine Arise, Nduka Obaigbena, a declaré:

«Nous sentons que c’est le bon moment pour nous de créer notre propre calendrier de grands évènements et défilés pour montrer au monde que l’Afrique est présente et se place à l’avant-garde de la mode internationale.
Une des missions du magazine Arise reste la promotion des designers africains ou issus de la diaspora, connus ou non. La Fashion Week du magazine Arise n’est que le début de nos ambitions planétaires.»
Strass, paillettes et jet-set ont été des ingrédients efficaces pour faire le show à Lagos. Le millionnaire Alexander Amosu, designer de luxe, est venu profiter des défilés, qui ont duré quatre jours.
«Bien sûr, ce n’est pas encore accessible à tout le monde, mais quand on est capable de mettre des millions de nairas pour un vêtement Prada pourquoi ne pas acheter des créateurs locaux. C’est unique et en plus c’est chic » explique Keisha Gitari, journaliste de la chaîne CNBC Africa.

Lu sur RFI