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Mali - Les rebelles touareg du MNLA proclament l'indépendance de l'Azawad

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé le 6 avril "l'indépendance de l'Azawad" dans une déclaration sur son site internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24. 

"Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour", a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a indiqué vouloir respecter "les frontières avec les Etats limitrophes".

Le porte-parole a condamné l'enlèvement le 6 avril du consul d'Algérie à Gao (nord-est) "par un commando terroriste" lors d'une opération "très violente". Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants "non-identifiés" avait emmené le consul et six de ses collaborateurs "vers une destination inconnue". 

"Nous venons de terminer un combat très important, lui de la libération (...)", a ajouté M. Ag Attaher, dans des termes identiques à celui du communiqué du MNLA signé par son secrétaire général Billal Ag Achérif.

L'Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg.

Le coup d'Etat contre le régime du président Amadou Toumani Touré, il y a deux semaines, a plongé le Mali dans une situation chaotique: des rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du Nord —Kidal, Gao et Tombouctou— sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont, depuis lors, pris le dessus sur le MNLA, qui a annoncé unilatéralement le 5 avril au soir la fin de ses "opérations militaires".

Ce même jour, des diplomates algériens ont été enlevés dans le nord du pays, au moment où une levée des sanctions imposées par l'Afrique de l'Ouest contre la junte au pouvoir depuis deux semaines est évoquée. 

C'est à Gao, dans le Nord-Est, que le consulat d'Algérie a été occupé par des islamistes armés qui contrôlent la ville y ont hissé le drapeau salafiste noir et ont "arrêté des diplomates algériens", selon des témoins. 

Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants "non-identifiés" ont emmené le consul et six de ses collaborateurs "vers une destination inconnue"

Le porte-parole du MNLA a condamné cet enlèvement "par un commando terroriste" lors d'une opération qu'il a qualifiée de "très violente". Le porte-parole a expliqué que les forces du MNLA avait d'abord voulu "protéger" le consulat en l'encerclant, mais avait dû se retirer lors de l'attaque du commando qui a usé d'explosifs afin de ne pas mettre en danger la vie des diplomates. 

De leur côté, les chefs d'état-major ouest-africains réunis à Abidjan ont élaboré un "mandat" pour une force susceptible d'être envoyée au Mali, qui reste à valider par les chefs d'Etat de la région, a-t-on appris de source officielle. 

"Nous avons proposé au comité des chefs d'Etat de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) un mandat pour l'engagement de la FAC (force d'attente de la Cédéao). Nous attendons un retour afin d'engager la FAC au Mali", a déclaré devant la presse le général Soumaïla Bakayoko, chef d'état-major de l'armée ivoirienne, après une douzaine d'heures de huis-clos. 

La Cédéao avait annoncé plus tôt "la mise en place immédiate de cette force d'attente" entre 2.000 et 3.000 hommes, dont on ignorait encore si elle vise les putschistes, les rebelles touareg au nord, ou les deux.

Lu sur AFP

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