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Mali - Va-t-on vers une guerre civile? (CHRONOLOGIE INTERACTIVE)

Certains redoutent une guerre entre Touaregs au
Nord-Mal
i, d’autres la souhaite car cela diviserait le camp touareg face à l’armée
régulière.

«Dès dimanche 1er avril, jour de la prise de Tombouctou, les
rivalités et querelles, vieilles ou nouvelles, ont ressurgi entre les
protagonistes touareg
, et risquent d’aboutir à de violents affrontements entre
eux»,
note le quotidien malien Le Prétoire.

Depuis le 30 mars, les rebelles touaregs du
Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), appuyés de combattants islamistes,
ont pris le contrôle de Kidal, Gao puis Tombouctou. Le territoire revendiqué
par les Touaregs du MNLA est quasiment conquis. Le Mali peut-il rester coupé en
deux? Pour le quotidien malien,«cette solution
est difficilement envisageable».  

«Même si, il y a cinquante deux ans
seulement, le Mali s’appelait encore Soudan, le nord malien est habité dans sa
quasi totalité par des populations sédentaires et nomades fortement attachées à
l’intégrité territoriale et à la cohésion sociale dans un ensemble national. Et
un référendum d’autodétermination suffira largement à prouver que ces
communautés tiennent plus à leur nationalité malienne qu’à une hypothétique et
illusoire identité azawadi. De même qu’à l’islam modéré que pratiquent toutes
ces communautés»,
note le quotidien.

Mais force est de reconnaitre que depuis le 1er avril, la
cohésion sociale et l’unité nationale sont soumises à rude épreuve par
l’implication armée de groupes non-étatiques.

L’offensive conjointe avait pour objectif d’abattre un ennemi commun. Mais
une fois ce but atteint, les divergences internes n’ont pas tardé entre les
différents protagonistes

Ce qui fait dire au quotidien malien L'Indépendant, qu’il est temps d’organiser
la résistance contre l’occupant touareg. Il fait appel à la fibre nationaliste
et patriotique à l’heure où l’intégrité territoriale est menacée.

«La seule réponse à l’occupation est la mise en place d’un mouvement populaire de libération sur l’ensemble du territoire national. Il est
nécessaire et indispensable que chaque mètre carré du Mali soit l’enfer pour
les occupants de jour comme de nuit et que chaque Malien soit un danger réel
pour les renégats.

Dans les régions de Kidal, Gao, Tombouctou, doivent fleurir des brigades qui, en attendant d’être mieux armées, utiliseront des
cordes, des coutelas, des fusils, des objets de toute nature pour se
débarrasser des occupants»,
écrit L'Indépendant.

Mais la résistance ne semble pas suffire pour le capitaine de la junte qui a
appelé à une intervention des Occidentaux au Nord-Mali.

«Si les grandes puissances ont été capables de traverser les océans pour
aller lutter contre ces structures intégristes en Afghanistan, qu'est-ce qui
les empêche de venir chez nous ? Notre comité veut le bien du pays. L'ennemi
est connu et il n'est pas à Bamako. Si une force devait intervenir, il faudrait
qu'elle le fasse dans le Nord»,
a déclaré le capitaine Sanogo au quotidien Le Monde.Lu sur Le Prétoire, L'IndépendantLe Monde

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