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Mali - La junte dénonce des viols dans le Nord

La junte militaire au pouvoir à Bamako a dénoncé le 4 avril de "graves violations des droits de l'homme" dans le nord du Mali, sous contrôle des rebelles touaregs et des groupes islamistes dont l'influence grandissante dans cette partie du Sahel inquiète la communauté internationale.  

"Les populations du Nord-Mali, singulièrement celles de Gao, subissent de graves violations des droits de l'homme" depuis "l'invasion des combattants MNLA (rébellion touareg), Ansar Dine (groupe islamiste) et Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique)", a affirmé la junte.

"Les femmes et les filles sont enlevées puis violées par les nouveaux occupants qui y dictent leur loi", selon un communiqué, qui ne fournit aucun autre détail, notamment sur l'ampleur de ces viols présumés.

Profitant du putsch à Bamako contre le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touareg et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, quasi sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée, coupant de fait le pays en deux.

La zone est depuis totalement isolée, inaccessible à la presse et aux organisations internationales. Mais de nombreux habitants interrogés au téléphone depuis Bamako ont fait état de saccages et pillages à Gao et Tombouctou, visant en particulier des bâtiments publics, des locaux et entrepôts d'ONG internationales.

Kidal, dont le chef d'Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, est originaire a été épargnée. La raison principale en est que ce sont essentiellement les combattants d'Ansar Dine qui ont capturé la ville, et non plusieurs groupes rivaux, selon un observateur.

Dans la ville historique de Tombouctou, les hommes d'Ansar Dine, appuyés par des éléments d'Aqmi, ont pris le dessus sur le MNLA et mis fin aux pillages, annonçant vouloir appliquer la charia (loi islamique).

Trois des principaux chefs d'Aqmi ont été signalés le 3 avril dans Tombouctou aux côtés d'Iyad Ag Ghaly, dont Mokhtar Belmokhtar, figure historique d'Aqmi surnommé "Le Borgne" ou encore "Mister Marlboro" pour son implication dans le trafic de cigarettes.

Dans un communiqué publié le 4 avril sur son site internet, le MNLA a démenti ces informations.

Le MNLA "tient sa position face à tous les réseaux mafieux et se démarque de l'organisation Ansar Dine et autres (groupes) qui se dressent sur le chemin de la libération de l'Azawad".

Mais selon des habitants interrogés, c'est toujours Ansar Dine qui controle fermement la ville. Iyad Ag Ghaly, qui se fait appeler "Cheikh", a fait du camp militaire son quartier général. Il multiplie les prêches défendant l'imposition de la charia et contre l'indépendantisme prôné par le MNLA.

Dans les rues, ses hommes contrôlent les véhicules. Plusieurs bars et débits d'alcool ont été saccagés dans la nuit, tandis que femmes et filles sont désormais voilées, racontent des habitants.

Une vingtaine d'hommes du MNLA qui n'ont pas encore quitté la ville sont cantonnés derrière l'aéroport, avec l'accord d'Iyad Ag Ghaly, toujours selon ces témoins.

Lu sur AFP

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