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Iyad Ag Ghaly priant avec ses troupes, janvier 2012. AFP PHOTO/ANSAR DINE
Iyad Ag Ghaly priant avec ses troupes, janvier 2012. AFP PHOTO/ANSAR DINE

Mali: Iyad Ag Ghaly, le nouveau maître islamiste du nord

Comment Ansar Dine, mouvement islamiste armé appuyé par Aqmi a pris le dessus sur les rebelles touareg indépendantistes.

Trois jours! 72 heures! C’est le temps que rebelles touareg, groupes de trafiquants, milices locales et jihadistes du Sahel, ont mis pour détacher de la carte du Mali, ses trois régions septentrionales.

La superficie de ces trois régions est une fois et demie supérieure à celle de la France. Les choses sont allées très vite.

22 mars 2012, coup d’état à Bamako. Une junte composée essentiellement des «deux, trois barrettes» c'est-à-dire de lieutenants et de capitaines de l’armée malienne, prend le pouvoir.

Les institutions sont dissoutes. Du coup, la situation se dégrade au nord du Mali.

De la rébellion à la découverte de foi

Un homme attendait secrètement son heure. Cet homme ne fait pas la une des journaux. Il ne fait jamais le tour des plateaux télé. C’est un homme de l’ombre. Il s’appelle Iyad Ag Ghaly.

La cinquantaine, plutôt court de taille, Iyad Ag Ghaly est touareg de la tribu des Iforas, de la fraction des Irayakane. Il est originaire de la région nord-est du Mali. La région de Kidal. Sa vie est un roman. Il est avant tout un chef de guerre. C’est lui qui a le premier déclenché la rébellion touareg des années 90. C’est encore lui, le premier qui a décidé de faire la paix quelques années plus tard.

La France, l’Allemagne (qui lui a même offert un véhicule en 2003), l’Autriche, la Suisse, et bien d’autres pays occidentaux ont tous «supplié» un jour Iyad Ag Ghaly pour qu’il joue aux médiateurs pour faire libérer des mains d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), leur ressortissants pris en otages.

Iyad attendait son heure. Entretemps, il a découvert la foi, comme l’explique l’un des plus grands spécialistes du Sahara, André Bourgeot, professeur émérite.

Il a fait un tour au Pakistan, fréquenté des prêcheurs. Il ne serre plus la main des femmes. Son épouse est voilée. Mais Iyad n’est pas encore un extrémiste. Il est connu pour sa générosité, pour son sens de l’hospitalité.

Les différents groupes de rebelles

Décembre 2011, une nouvelle rébellion touareg se prépare dans le nord du Mali. La tension est perceptible. Une délégation d’élus maliens se rend sur le terrain pour tenter de désamorcer la crise. Plusieurs groupes de Touaregs revenus de Libye, campent dans le désert, prêts à dégainer.

Il y a l’aile militaire du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui est le groupe le plus nerveux contre le gouvernement central. Il est composé de militaires touareg et supplétifs de l’armée libyenne, revenus dans leur pays d’origine après la chute du guide de la révolution libyenne. Ils ont des armes qui font d’eux, l’une des armées les mieux équipées du Sahel.

Sur le terrain, l’autre groupe revenu de la Libye est composé de Touaregs loyalistes, qui acceptent d’intégrer le processus de paix, et qui envoie même à Bamako une délégation pour faire allégeance.

Et puis, un tout petit groupe composé de Touaregs de la fraction des Irayakane. Un élu malien qui les avait rencontrés se souvient:

«Ils n’étaient pas nombreux. Il y avait deux colonels, une dizaine d’hommes, mais surtout ils étaient avec Iyad Ag Ghaly».

La rébellion éclate. Le sang de Iyad fait un quart de tour. Il sent le vent tourner. Il peut peut-être enfin réaliser son rêve, l’application de la charia (loi islamique) sur ses terres. Il adopte le profil bas, laisse la communication, les médias au Mouvement national de Libération de l’Azawad, (MNLA), qui déclame ses ambitions indépendantistes.

Le charia plutôt que l'indépendance

Mais sur le terrain, dans la région nord-est du Mali, MNLA et le mouvement Ansar Dine de Iyad Ag Ghaly mènent ensemble des batailles contre l’armée malienne, notamment à Aguelok et à Tessalit. Le MNLA ne reconnaît pas officiellement ces liens sur le terrain.

Fin janvier 2012, des militaires maliens, prisonniers de différents groupes rebelles sont froidement abattus dans le nord-est du Mali. Le MNLA revendique cette attaque qui a débouché sur un massacre. Une ONG française qui travaille avec la municipalité de Aguelok, confirme que djihadistes et MNLA étaient sur le terrain le même jour contre l’armée malienne.

Quelques semaines plus tard, MNLA et le mouvement de Iyad «Ansar Dine» sont sur le même terrain à Tessalit contre l’armée malienne. Le MNLA ne le reconnaît toujours pas. Mais pour des services de renseignements de pays voisin du Mali, il n’y a aucun doute, la passerelle existe. Ansar Dine, laisse dire, l’heure de vérité approche.

Après la prise de Tessalit officiellement par le MNLA, grande réunion de clarification entre le MNLA et Ansar Dine. Iyad prend les devants, et assène:

«Moi, je ne suis pas pour l’indépendance. C’est la charia que je veux pour mon peuple».

La rupture est consommée. Iyad aurait profité pour mettre la main sur les entrepôts de munitions et d’armes du MNLA qui se trouvaient dans la région de Kidal.

Le mouvement islamiste armé Ansar Dine fait sa loi

Acte 2, pour signifier qu’il est désormais le maître absolu dans le nord-est, avant de s’attaquer au nord-ouest du Mali, Ansar Dine montre ses muscles.

Courant mars 2012, le MNLA conduit une équipe du Comité international de la Croix rouge (CICR), à Tessalit pour rendre visite aux populations civiles après la prise de la ville par les rebelles. A l’entrée de la localité, les islamistes armés pointent du nez. Ils malmènent les travailleurs du CIRC, et les renvoient. Le MNLA n’a pas pu moufter. Ansar Dine est désormais en terrain conquis. Le mouvement commence à son tour sa com’.

Dans une vidéo, on voit Iyad Ag Ghaly diriger la prière, passer en revue les troupes. Il veut «une société malienne musulmane», et non l’indépendance. Ansar Dine communique encore, et annonce que bientôt, il attaquera la ville de Kidal. Ce sera une fracture entre les deux mouvements.   

Une dizaine de jours après, la ville de Kidal tombe entre les mains du groupe islamiste armé de Iyad. Le MNLA a compris. Le mouvement indépendantiste plie bagage du nord-est, et se dirige vers le nord, et le nord-ouest.

1er avril, les rebelles du MNLA, avec le feu vert d’une milice locale prennent le contrôle de la ville mythique de Tombouctou. Ansar Dine (serviteurs de Dieu), soutenus par les troupes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique viennent les déloger. Iyad Ag Ghaly le stratège débarque à Tombouctou avec trois des quatre principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique: Abou Zéïd, Mokhtar Ben Mokhtar, et Abou Hamame.

Tout ce groupe se rend rapidement maître des lieux. Le drapeau du MNLA est descendu. Deux drapeaux flottent dans la cours du camp militaire de la ville de Tombouctou: le drapeau du Mali, et celui du groupe islamiste armé «Ansar Dine».

Des barbus de toutes les nationalités

L’histoire s’accélère. Une rencontre a lieu dans la caserne entre les imams des dix quartiers de Tombouctou et les islamistes.

Chacun a ses doléances. Les imams de la ville «souhaitent» que cessent les coups de feu, les scènes de pillages. Les islamistes demandent l’aide des imams pour l’application rapide de la charia à Tombouctou.

Immédiatement après, les islamistes déclenchent une opération de charme dans la cité aux 333 saints: distribution de vivres, arrestation des pillards. Les véhicules volés sont récupérés et rendus aux propriétaires. Succès total!

Mais attention à l’arbre qui cache la forêt. Dura Lex, Sed lex (la loi est dure, mais c'est la loi), et c’est aussi valable pour la charia.

Des bars dancing de Tombouctou sont fermés, cassés. Le propriétaire d’une boîte de nuit est arrêté, son entreprise saccagée. Les hôtels de la ville sont fermés. Plus une seule goutte d’alcool ne coule dans la ville touristique.

«Moi, j’avais un carton d’alcool dans ma cour intérieure. Dès que j’ai vu venir les islamistes, j’ai jeté le carton d’alcool dans mon puits», confie par téléphone, un hôtelier.   

Les «fous de Dieu» ne s’arrêtent pas là. Ils décrètent sur une radio locale: toutes les femmes doivent être voilées. Deux heures après dans la ville, toutes les femmes, toutes les filles étaient voilées.

Dans les quartiers de Tombouctou, les prêches ont commencé. Un instituteur qui a assisté à l’un de ces prêches explique:

«ce sont des gens qui ont de longues barbes. Parmi eux, il y a toutes les nationalités. Il y a des  Béninois, des Togolais, des Sénégalais, des Ivoiriens, des Gambiens. Ils parlent de Dieu. Pour eux, Dieu est le seul être supérieur au monde. Ils ont distribué des Corans, ils ont demandé de prier, d’éviter des péchés, l’adultère. Ils ont dit que le Coran autorisait de prendre quatre femmes.»

Pas de république à l'ordre du jour

Le 3 avril 2012 vers 15 heures, vers la grande mosquée de Tombouctou, deux voleurs ont été arrêtés. On menace de leur couper la main comme l’exige la charia.

Le même jour à 18H. Alors que la nuit commence par envelopper la ville de Tombouctou, la délégation du Cheikh Iyad Ag Ghaly réuni l’association des jeunes musulmans de Tombouctou.

«Nous ne sommes pas venus pour créer une république. Nous avons déjà une république. Nous sommes venus pour l’islam. Le MNLA parle de république. Ils n’ont qu’à aller créer leur république là où ils veulent. Pas ici, ni ailleurs au Mali. Nous sommes déjà à Kidal, Nous irons après partout au Mali pour répandre l’islam. Partout où c’est nécessaire», affirme un prêcheur nigérian selon un confrère local qui a assisté à l’entretien.

24 heures avant Tombouctou, c’est la ville de Gao (nord) qui a reçu la visite d’une mosaïque de groupe: islamistes, groupes de trafiquants, et MNLA. Le chaos règne dans la localité : banque dynamitée, scènes de pillages indescriptibles, actes de vandalisme, la ville est totalement défigurée.

«Les serviteurs de l’islam», entendent poursuivre leur combat, et tisser leur toile sur tout le territoire malien.

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé qui avait il y a quelques semaines souligné «les victoires» du MNLA sur le terrain dans le nord, parle plutôt aujourd’hui de «péril islamiste» dans le nord du Mali. Il n’est jamais trop tard.

Les explications d'Iyad Ag Ghaly

L’auteur de ces lignes connaît un peu celui qui apparaît pour le grand gagnant de l’actuelle situation dans le septentrion malien. Iyad Ag Ghaly.     

«Non, nous ne sommes pas en position de combat. Nous sommes retranchés ici en attendant le début des négociations», m’affirmait-il en 2006, dans des collines de la région.

Il venait de canaliser nouvelle rébellion touareg chez lui à Kidal.

«J'ai été débordé par les jeunes, mais je comprends leur lassitude. J'étais à Kidal le jour des événements. J'ai entendu des coups de feu, dès que j'ai compris que c‘étaient des hommes qui se sont toujours réclamés de moi qui menaient les opérations, je me suis levé pour les calmer, mais sans succès.»

D'une voix plutôt fluette, il poursuit:

«Sur le terrain à Kidal, j'ai veillé à ce qu’aucun civil, aucun ressortissant du Sud ne soit brutalisé. C'est moi qui ai donné l'ordre à tous les éléments de quitter la ville, pour éviter une confrontation avec l'armée régulière qui arrivait.»

Et l’homme de «saluer» l'attitude «exemplaire» des militaires de l'armée régulière qui, à leur entrée dans la ville de Kidal, n'ont brutalisé personne.

L'entretien est interrompu par un coup de fil en provenance du Niger. C'est le gouvernement nigérien qui prend langue avec la rébellion pour trouver une solution pacifique à la crise. Iyad poursuit son récit:

«Je comprends la lassitude de mes hommes qui, par mesure de précaution, ont pris les armes dans les camps. Ils ont des problèmes au sein de l'armée, pour ceux qui sont intégrés, et des problèmes dans la vie civile, pour ceux qui n'ont pas été intégrés, et qui ont bénéficié de financement de micro-projets.»

Les revendications initiales des Touaregs

Estimant que les accords de paix signés entre le gouvernement malien et la rébellion touareg en 1992, qui ont mis fin au conflit, «n'ont pas été respectés à la lettre», Iyad Ag Ghaly précise que la décision du gouvernement malien de renforcer sa position militaire dans le Nord, avant donc les attaques des camps militaires par ses hommes, a contribué «à faire monter la tension».

«Nous n'avons de haine contre personne. Amadou Toumani Touré est le président de tous les Maliens. Nous allons trouver une solution pacifique à la situation, je l'espère sincèrement. Vous voyez, là, nous sommes retranchés dans cette base. Nous n'avons pas sorti d'armes lourdes. Nous sommes en situation d'attente, et d'écoute», assure-t-il.

Selon lui, «il faut aller vite» pour que la situation ne se dégrade pas, «d'autres Touaregs intégrés dans l'Armée pouvant être tentés par la désertion».

«Nous avons demandé au gouvernement malien de choisir le médiateur étranger. Son choix sera le nôtre. Il faut aller très vite, parce que la situation peut évoluer négativement, et cela deviendra plus compliqué à gérer», insiste-t-il.

Il précise les revendications de ses hommes: le «statut particulier», réclamé pour la région de Kidal et qui n'est pas une demande d'«autonomie, ni une fédération souhaitée, ni une indépendance réclamée».

«Nous sommes maliens, et nous entendons rester maliens. C'est notre pays. Nos parents ont participé à la lutte de libération. Ils n'ont pas cherché à devenir Algérien ou Mauritanien, mais Malien», ajoute-t-il. Selon lui, «le statut particulier», dont il réclame sa totale exécution pour sa région, doit impérativement «tenir compte de la spécificité nomade» de la zone.

Est-ce le début d'une nouvelle rébellion touareg?

Réponse: «On ne peut pas dire au stade actuel qu'il y a une nouvelle rébellion touarègue au Mali. Ce sont des hommes qui ont pris les armes de camps militaires. Pas pour se battre, mais pour dire assez!»

Nous sommes là en 2006.

Le nouveau discours islamiste d'un stratège

Les temps ont changé depuis.

Aujourd’hui, celui qu’on surnomme «le renard du désert», se blottit dans des habits d’islamiste.

Il a un soutien de poids: Aqmi. Il a dans le passé arraché de leurs mains des otages européens qui étaient sur le point de mourir. Dans tous les combats d’Ansar Dine, il y a toujours un appui en soutien logistique et militaire d’Aqmi.

Iyad, pour ceux qui le connaissent, ne partage pas tout des combats d’Aqmi. Leur barbarie par exemple. Les attentats aussi.

Mais pour l’heure, ils sont pour lui des alliés stratégiques. Ils ont la logistique: les hommes, les moyens pour l’aider à atteindre son but: régner en maître absolu sur toute une région, toute une zone.

Le moment venu, il a toujours plus d’un tour dans son sac (il vient de le démontrer avec les rebelles touareg) il saura probablement s’en sortir, même s’il faudra un moment rentrer en apnée. Iyad est un habitué des apnées.

Il contrôle aujourd’hui l’essentielle de la région de Tombouctou, et celle de Kidal. Et un bout de la ville de Gao, autre capitale d’une région du nord du Mali. Et comme «Arme nucléaire de dissuasion», contre d’éventuels rivaux, il peut compter sur la force de frappe de la branche maghrébine d’Al-Qaïda.

Maintenant reste l’avenir des rebelles touareg du Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA). Paris notamment comptait sur eux pour lutter contre Aqmi, et pourquoi pas libérer des otages français dans l’entre-deux-  tours de la présidentielle française.

Chouchouté par une partie de la presse française, le MNLA qui se voyait maître du grand nord, avant de combattre Aqmi, n’est pas encore mort. Loin de là. Certains ont vu des éléments du MNLA campé le 4 avril 2012 non loin de Tombouctou. Avec l’accord d’Ansar Dine? Réconciliation ou acte de défiance?

Mais avec une aile militaire qui n’obéit pas systématiquement à l’aile politique, avec des responsables de l’aile politique éparpillés entre le Mali, la Mauritanie, et la France, il y a peut-être un peu d’ordre à mettre dans la maison.

Serge Daniel

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