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Algérie - L'humoriste Smaïn se félicite du non rapatriement du corps de Merah

L’humoriste et comédien franco-algérien Smaïn retourne en Algérie dans sa ville natale, Constantine, à l’occasion d’un spectacle intitulé «Smaïn se livre tel qu'il est», présenté en ouverture du troisième festival du conte et du récit organisé par l'association «Kan Ya Makan», et qui se déroulera jusqu'au 16 avril.

L’un des journalistes aborde l’affaire Merah en déclarant que cette affaire tombait certainement à pic pour la campagne électorale.

«J’ai une conscience politique, tout ce que je peux dire c’est que ça été dramatique pour un père, pour des familles musulmanes et juives qui ont perdu leurs proches. Il y a un avant et un après, je ne sais rien de particulier sur cette affaire, mais en France on a souvent employé le terme "On pense que…", moi je dis qu’il faut penser avec des preuves. C’est mal tombé pour certains et pour d’autres c’était bien», confie Smaïn.

«Ceci-dit, je trouve que c’est avec grande dignité que l’Algérie a traité l’affaire, tout  en refusant de rapatrier le corps de Merah. Cet enfant est français, il doit donc être enterré en France. Ça aurait été injuste que l’Algérie puisse porter et supporter son histoire qui est de l’autre côté de la Méditerranée», ajoute l’humoriste.

Concernant le cinquantenaire de la guerre d’Algérie, Smaïn préfère laisser les historiens travailler dessus. Pour le comédien, la guerre est terminée.

«Pourquoi cette guerre d'Algérie, pourquoi Enrico Macias, les accords d'Evian, etc., c'est de l'histoire qu'il faut laisser aux historiens, cependant ce que je peux dire c'est que je suis un enfant de ces deux peuples, situés de part et d'autre de la Méditerranée. L'Algérie est ma chair et la France le pays qui m'a ouvert les bras et adopté, je les aime tous les deux. N'ayant pas le courage de l'homme politique, je considère que mon combat à moi c'est de faire rire et de rapprocher les gens et à plus forte raison ceux dont je suis le plus près», confie Smaïn.

Pour Smaïn, il faut donc regarder vers l'avenir, retient le Quotidien d'Oran. Mettre un terme à cette déchirure entre l'Algérie et la France.

Lu sur Quotidien d'Oran, El Watan, Algérie-Focus

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