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Jamel Debbouze: «Je les connais les Mohamed Merah»

Lors d’une interview donnée au quotidien belge Le Soir, le comédien français d'origine marocaine Jamel Debbouze parle de l'affaire Mohamed Merah. Des Mohamed Merah, il en connaît. Et justement, il sait d'autant plus pourquoi la récupération est dangereuse, écrit le quotidien belge.

Questionné à l’occasion de la sortie de la comédie «Sur la piste du Marsupilami», les journalistes en ont profité pour l’interroger sur l’affaire Merah. Une question qui l'a mis de mauvaise humeur mais il a quand même accepté de répondre aux journalistes. «Car c'est important», a déclaré Jamel Debbouze. 

Extraits.

«C'est terrible ce qu'on est en train de faire avec cette histoire de Toulouse. Au lieu de dire que Mohamed Merah est un marginal, que son acte est un acte isolé, on lui donne une idéologie qu'il n'avait pas au départ, c'est certain, nous confie Jamel Debbouze. Je les connais les Mohamed Merah, il y en a plein des Mohamed Merah mais qui ne deviennent pas des Mohamed Merah. Là, on est en train de mettre dans la tête de jeunes qui ont le potentiel de Mohamed Merah de devenir des Mohamed Merah. Car, d'un coup, ce Mohamed Merah a défié le Raid tout entier.

Pour certains imbéciles, il y a une espèce de fierté et ils en font une sorte de héros. C'est là où c'est grave, où c'est dangereux. La récupération est terrible! Par Marine Le Pen, par exemple. Or, c'est con d'instrumentaliser un truc qui peut avoir des conséquences aussi dramatiques. Ils ne s'en rendent pas compte car ils ne connaissent pas la banlieue, ils ne savent pas dans quel marasme sont ces gens-là qui vivent des frustrations permanentes.

N'importe quel frustré est un malade potentiel. On le sait. N'importe qui peut basculer. Je me demande d'ailleurs comment le monde reste aussi équilibré. Les gens devraient être encore plus fous que ça. Mais ça va, ça tient pour des raisons qui nous échappent.

Donc, évidemment, un gamin instrumentalisé par la société —il est sorti frustré de prison; on lui a dit non pour le service militaire; on lui a dit non pour la Légion où, normalement, on accepte tout le monde—, exclu de la société, a tous les risques de basculer.»

A quelques semaines de l’élection présidentielle, Jamel affirme qu’il votera à gauche.

«Cela fait longtemps que je n'ai plus eu l'occasion de m'exprimer là-dessus. Je suis de gauche. Je vais voter François Hollande. C'est clair et net. Je vois ce qu'on a subi ces dernières années. J'ai vu la France régresser physiquement», conclut Jamel. 

Les propos de Jamel Debbouze ont été critiqué par Jeannette Bougrab, rapporte France Soir.

«Comment peut-on dire que parce qu'on rencontre des difficultés sociales, on peut justifier l'innommable et la barbarie!», s'est insurgé la secrétaire d'Etat à la Jeunesse lors de la réunion organisée pour les jeunes Porte de Versailles à Paris, où Nicolas Sarkozy s'est exprimé.

«On peut avoir des difficultés et s'en sortir grâce au travail, à l'effort et à l'école», a-t-elle insisté.

Lu sur LeSoir.beFrance Soir

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