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Maroc - Les seniors, meneurs de la révolution Facebook

«Les "leaders" de la Révolution Facebook ont plus de 35 ans» annonce Afrik.com qui fonde son constat sur la parution d’une étude sur l’utilisation des réseaux sociaux et de Facebook en particulier au Maroc.

L’enquête en ligne a été réalisée entre septembre 2011 et mars 2012 par le Cesem, le Centre de recherche de l’école des Hautes Etudes en Management (HEM) à Rabat. Elle dément l’idée reçue qui porte à croire que la jeunesse avait été en pointe de la mobilisation à travers les réseaux sociaux lors de la contestation qu’a connue le Maroc dans le sillage des révolutions arabes.

«L’étude montre que les personnes âgées de plus de 35 ans au Maroc sont les cyber-militants les plus actifs du pays», rapporte Afrik.com

Un questionnaire en ligne auquel ont répondu 456 internautes a permis de faire émerger quatre profils d’utilisateurs des médias sociaux: les «affectifs», les «communicateurs», les «mobilisateurs» et les «observateurs». L’enquête montre que chez les «mobilisateurs», les plus de 35 ans représentent 37% contre 27% chez les 15 à 24 ans. Les 25 à 34 ans représentent quant à eux 36% de cette catégorie.

Selon l’étude, les «mobilisateurs» se connectent aux réseaux sociaux pour avant tout exprimer leurs opinions et mobiliser les troupes autour de celles-ci, pour militer. Ce sont généralement des cadres et les professions intellectuelles supérieures (51%), qui appartiennent donc à la frange supérieure de la classe moyenne. Ils surfent surtout à partir de leur lieu de travail pour combler ou compléter leur engagement dans la cité. Ils agissent en ligne comme des aiguilleurs.

«Nous avons réalisé cette étude, parce que, à la suite des évènements dans le monde arabe, nous avons pris conscience qu’il y avait une carence en terme de données, que les média sociaux, au Maroc, étaient un domaine sous analysé», explique Driss Kiskes, directeur du Cesem et co-auteur, avec Adib Bensalem, enseignant chercheur au Cesem, de l’enquête, rapporte Yabiladi

Intitulée «Profil des utilisateurs de réseaux sociaux au Maroc», l’étude, la première du genre au Maroc, a permis de relever quelques tendances sur la manière avec laquelle les internautes marocains utilisent les réseaux sociaux: 75% des internautes interrogés déclarent avoir utilisé plus d’une fois les médias sociaux pour dénoncer un fait, 65% déclarent les utiliser pour se reposer mentalement, 50% déclarent consulter régulièrement leurs comptes à partir du téléphone portable, 33% déclarent y avoir déjà eu recours pour draguer.

Enfin, 76,7% des répondants ont moins de 500 amis sur Facebook. Seuls 17% des usagers interrogés ont un compte Twitter avec plus de 50 suiveurs.

«La twittomania, fer de lance réputée des révolutions en Tunisie et en Egypte demeure faible au Maroc», soulignent les auteurs de l’étude.

«L’usage de Twitter est élitiste au Maroc. Une situation à mettre en lien avec la relative faiblesse de la classe moyenne au Maroc», ajoute Driss Kiskes.

«L’étude indique que la plupart des femmes  (71% contre 45% chez les hommes) se disent convaincues de la capacité communicationnelle des médias sociaux et s’y investissent pour parvenir à des objectifs personnels (ex: emploi) ou collectifs (ex: débat)» souligne Libération (Maroc). Plutôt jeunes et éduquées, elles sont «plus solidaires qu’engagées», selon l’étude, elles ont un «usage quasi-boulimique et plutôt utilitariste de leur usage des réseaux sociaux».

Afrik. Com rappelle qu’une étude réalisée à l’échelle mondiale entre juin 2011 et mars 2012 par le site Internet Social Bakers rapporte que le royaume chérifien est le troisième utilisateur du réseau social Facebook en Afrique. L’Egypte arrive à la première place suivie de l’Afrique du Sud. Le Maroc est par ailleurs passé de la 36e à la 35e place selon le classement mondial de Social Bakers. Le nombre d’utilisateurs y a augmenté de 503.260 personnes pour atteindre un peu plus de 4,4 millions d’utilisateurs.

Lu sur Afrik.comYabiladi

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