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Algérie: colère syndicale après la publication d'une liste officielle d'organisations

Plusieurs syndicats algériens ont dénoncé dimanche la volonté du gouvernement d'"entraver" leur action, après la publication d'une liste officielle de 17 organisations syndicales "représentatives" sur 65, seules habilitées à agir comme partenaires sociaux.

Selon une loi de 1990, qui a mis fin au monopole de la centrale UGTA (Union générale des travailleurs algériens), les syndicats doivent fournir chaque année au ministère du Travail "les éléments permettant d'apprécier leur représentativité, notamment le nombre de leurs adhérents", précise la loi.

Samedi, le ministère du Travail a publié une liste de 17 organisations syndicales (sur 65) ayant "répondu favorablement aux demandes de renseignement". 

Les syndicats jugés non-représentatifs n'ont plus le droit de lancer de mouvement de grève ou de participer à des négociations avec l'employeur, mais ils ont la possibilité de régulariser leur situation, a expliqué à l'AFP au source au ministère du Travail ayant requis l'anonymat.

De nouvelles formalités et de nouveaux renseignements ont été exigés cette année et "nous n'avons pas pu terminer cette opération dans les délais très courts imposés", a déclaré à l'AFP Meziane Meriane, président du Syndicat national des Professeurs de l'Enseignement secondaire et technique (Snapest).

Pour M. Meriane, cette liste permet aux autorités de "justifier" des restrictions à l'action syndicale.

Interrogé par l'AFP, Kamel Amarni, secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ), également déclaré "non représentatif", a dénoncé "l'opacité" autour du processus déterminant la représentativité syndicale.

Les autorités veulent "faire taire" les syndicats trop critiques, a de son côté dénoncé dans le quotidien El Watan Boualem Amoura, responsable du Satef, syndicat autonome de l'Education.

Aucun syndicat de l'Education ne figure d'ailleurs parmi les organisations considérées comme représentatives, alors que le gouvernement a été récemment confronté à plusieurs grèves dans le secteur.

A un an de la présidentielle prévue en avril 2019, le gouvernement algérien peine à régler plusieurs conflits sociaux, principalement dans la fonction publique, notamment la santé et l'éducation. 

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