SlateAfrique

mis à jour le

Ethiopie - Un os dans l'évolution humaine

L’espèce du célèbre australopithèque Lucy n’était pas seule en Ethiopie il y a 3,4 millions d’années.

Selon une étude publiée le 29 mars dans la revue Nature, un hominidé plutôt arboricole, dont l’espèce reste encore à déterminer, fréquentait aussi cette région, rapporte le Christian Science Monitor.

Des chercheurs américains en sont venus à cette conclusion, après avoir analysé des os de pied fossilisés découvert en 2009 à Burtele dans l’Arar éthiopien.

 «Le pied partiel montre clairement que l’espèce de Lucy n’était pas la seule espèce d'hominidé vivant dans cette région de l'Éthiopie. Son espèce a coexisté avec des parents proches qui étaient plus aptes à grimper aux arbres», a déclaré le Dr Yohannes Haile-Selassie, anthropologue au Cleveland Museum of Natural History, directeur de l’étude.

Pour le docteur Bruce Latimer, co-auteur de l’étude, cette découverte a été un choc, précise Maxi Sciences.

«Ces éléments fossiles représentent des os que nous n’avons jamais vus auparavant. Alors que le gros orteil, préhensile, pouvait se déplacer de gauche à droite, il n'y a pas d'expansion, au-dessus de l'articulation, qui permettrait l’amplitude de mouvement nécessaire pour pousser sur le sol lors d’une marche bipède.»

Alors que l’espèce de Lucy se tenait sur ses deux pieds munis de cinq orteils, l’espèce découverte possédait encore des pouces en guise de gros orteils, lui permettant de saisir les branches des arbres. Or, jusqu'ici, le dernier hominidé arboricole découvert datait de 4,4 millions d'années.

Les os d'hominidés de cette époque sont rares, notamment à cause de leur petite taille. Alors difficile d'en dire plus. Sans crâne ni dent, l'identité de ce nouvel ancêtre ne pourra pas être clairement établie.

«Nous avons besoin de plus de fossiles pour pouvoir déterminer quel type de corps correspondait à ces pieds», a commenté dans la revue Nature, Daniel Lieberman, biologiste à l'Université Harvard.

Cependant, cette étude a permis d’en savoir un peu plus sur la manière dont la bipédie s'est finalement imposée. Sans doute plus progressivement que ce que les études avaient montré jusque-là, explique Le Point.

Lu sur The Christian Science Monitor, Maxi Sciences

A lire aussi

Afrique du Sud - Nos ancêtres les bushmen

L'Afrique australe, berceau du langage moderne

Afrique du Sud - Petit à petit, le dinosaure fait son nid