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Maroc - Il est strictement interdit de renoncer à sa nationalité marocaine

Capitaine des Forces Royales Air, Mustapha Adib va payer cher sa dénonciation des actes de corruption et un trafic de carburant organisé dans son unité. Un scandale qui éclate en 1998, rappelle le site marocain Yabiladi. En 2000, il écope de deux ans de prison pour «outrage à l'armée et violation des consignes militaires» et est rayé de l’armée marocaine.

L’administration marocaine refuse de lui délivrer des papiers justifiant son statut de chômeur et des papiers lui permettant d’accéder aux soins médicaux.

Aujourd’hui, Mustapha Adib voudrait se défaire de sa nationalité marocaine.

Il l'a publiquement annoncé sur son profil Facebook, rapporte le site Demain Online.

«L'administration du dictateur Mohamed VI a maintenu son énième décision arbitraire à mon encontre. Et m'a donc privé des documents justifiant ma situation de non employé, m'interdisant ainsi l'accès aux soins et la possibilité d'avoir d'autres papiers de l'administration fiscale, entre autre. Comme annoncé, je vais renoncer à ma nationalité marocaine», écrit Mustapha Adib sur sa page Facebook.

En dessous du message laissé sur son profil, il publie une photo de sa carte d’identité et de son passeport marocains avec une mention «papiers bientôt souvenirs», écrit le site Yabiladi.

La question que se pose le site marocain: Est-il possible de renoncer du jour au lendemain à sa nationalité marocaine?  

«Ce n’est tout simplement pas possible et cette possibilité n’apparait même pas dans la loi marocaine!», répond Abdelghani Nkaira, avocat au barreau de Casablanca.

Un Marocain reste marocain toute sa vie, qu'il le veuille ou non. Selon lui, si la loi marocaine autorisait à tout citoyen de renoncer à sa nationalité, cela serait un moyen simple de se débarrasser des devoirs qu'il se doit d’accomplir vis-à-vis de l’Etat, rapporte Yabiladi.

«Une personne elle-même ne peut pas prendre cette décision de renoncer à sa nationalité marocaine. Cette décision ne peut-être prise que par le Conseil de gouvernement», poursuit Abdelghani Nkaira.

La déchéance de la nationalité intervient lorsqu’un citoyen commet un acte portant atteinte à l’Etat ou à sa souveraineté.

«Mais à ce jour, il n’y a jamais eu de cas de déchéance» précise-t-il avant d’ajouter que «c’est le Conseil de gouvernement qui décide également à qui délivrer la nationalité marocaine.»

Lu sur Yabiladi

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