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Nigeria - La ministre africaine qui veut diriger la Banque mondiale

Qui succédera début juillet à l'Américain Robert Zoellick à la présidence de la Banque mondiale? Réponse le 20 avril.

Pour l'heure, trois candidats sont en lice: l’Américain Jim Yong Kim, le Colombien José Ocampo Antinio et la ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, rapporte le quotidien nigérian Vanguard.

Cette année, sous la pression des pays émergents, l'unique critère de sélection sera le mérite. C’est ce qu'ont décidé en 2011 les 187 pays membres de la Banque mondiale pour modifier la règle tacite qui veut que la présidence soit américaine.

Okonjo-Iweala, 57 ans, a assuré que si elle obtenait le poste, elle assurerait plus de souplesse dans le financement et se concentrerait davantage sur des domaines tels que le logement.

Ministre des Finances du Nigeria, de 2003 à 2006 sous la présidence d'Olusegun Obasanjo, Okonjo-Iweala a intégré la Banque mondiale comme directrice générale en 2007, appelée par Robert Zoellick, dont elle est proche.

En juillet 2011, lorsque Goodluck Jonathan la sollicite pour diriger une fois encore les finances du Nigeria.

Surnomée la «dame de fer», elle a restauré les comptes de l'Etat, relancé la croissance et renégocié la dette du pays avec une grande fermeté.

La nomination de Ngozi Okonjo-Iweala, traduirait la reconnaissance par la communauté internationale de la capacité des Africains à diriger l'une des plus puissantes organisations mondiales, selon Jeune Afrique.

«Je veux juste savoir si les gens pensent ce qu’ils disent et donc quel est le niveau d'hypocrisie», a-t-elle déclaré au Financial Times.

Selon plusieurs sources, Renosi Mokate, qui représente l'Afrique du Sud et les pays subsahariens anglophones au conseil d'administration de la Banque mondiale, s'est rendue à Abuja pour s'entretenir avec Ngozi Okonjo-Iweala.

D'autres administrateurs ainsi que des chefs dont les présidents sud-africain Jacob Zuma et ivoirien Alassane Ouattara, ont fait la même démarche pour convaincre le chef de l'État, Goodluck Jonathan, de rendre sa liberté à sa ministre.

Mais pour Norbert Gaillard, économiste français qui a été consultant à la Banque mondiale, la Nigériane a peu de chance de l'emporter, rapporte le site d'information français Atlantico.

«L'issue du vote est connue. Jim Yong Kim sera élu, surtout depuis que la Chine a indiqué, dans la foulée de sa nomination in extremis par le président Obama, que ce choix allait dans la bonne direction. Il faut bien comprendre que, depuis 1945, les États-Unis et l'Europe se sont partagés les rôles : aux États-Unis la Banque mondiale et à l'Europe le Fonds monétaire international (FMI).»

Selon lui, les pays émergents demeurent trop divisés.

«Il y a trop d'intérêts divergents et de rivalités entre la Chine et l'Inde, l'Inde et le Pakistan, le Mexique, le Brésil et l'Argentine... Les pays émergents ont tout intérêt à continuer leur lobbying pour augmenter leurs droits de vote et obtenir un jour la tête de l'institution.»

Lu sur Vanguard, Jeune Afrique, Financial Times, Atlantico

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